‎Déguerpissements à Port-Bouët : Bondé Karamoko Abdoulaye demande des enquêtes et des comptes‎‎

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Après l’adresse à la Nation du chef de l’État à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, l’ancien conseiller municipal de Port-Bouët, Bondé Karamoko Abdoulaye, remet la question des déguerpissements au cœur du débat public.‎‎

Ancien conseiller municipal à la mairie de Port-Bouët, acteur politique et président de l’ONG Agir pour la commune de Port-Bouët, Bondé Karamoko Abdoulaye dit avoir suivi avec « beaucoup d’intérêt » l’adresse à la Nation du président de la République.‎‎

S’il salue un discours qu’il juge « poignant », il retient surtout un passage consacré aux déguerpissements dans le Grand Abidjan, notamment celui de Koumassi Campement.

Selon lui, l’annonce d’enquêtes destinées à établir les responsabilités constitue un signal important.‎‎

Mais l’homme politique veut aller plus loin.‎‎« Les déguerpissements illégaux ne se limitent pas à Koumassi Campement »‎‎Pour Bondé Karamoko Abdoulaye, le cas de Koumassi Campement devrait ouvrir une réflexion plus large sur les opérations de déguerpissement conduites dans plusieurs communes du Grand Abidjan.‎‎

Il attire particulièrement l’attention des autorités sur Port-Bouët, où il affirme que plusieurs quartiers ont été déguerpis entre 2018 et 2026.‎‎

Parmi les dossiers qu’il souhaite voir examinés figure celui du quartier Abattoir, déguerpi, selon lui, en deux phases, en 2018 puis en 2024.‎‎

Il questionne notamment les motifs avancés au fil du temps : d’abord les risques d’inondation, puis la lutte contre le désordre urbain.‎‎« Allez voir aujourd’hui ce qu’est devenu l’Abattoir », lance-t-il, estimant que l’ancien quartier a progressivement laissé place à une zone à vocation industrielle et à des entrepôts privés.‎‎

Une situation qui, à ses yeux, soulève une interrogation fondamentale : que deviennent les familles déguerpies et selon quelles règles les espaces libérés sont-ils ensuite attribués ou exploités ?‎‎

Vridi Plage, le dossier qui cristallise ses inquiétudes‎‎

Mais c’est surtout le cas de Vridi Plage qui retient son attention.‎‎

Bondé Karamoko Abdoulaye affirme disposer de documents et d’éléments qu’il considère comme des preuves d’un déguerpissement réalisé dans des conditions qu’il juge irrégulières.‎‎

Des irrégularités, qu’il dit avoir déjà soumis aux autorités compétentes.‎‎Il rappelle d’ailleurs avoir déjà saisi le procureur de la République.

Selon ses déclarations, cette saisine aurait donné lieu à des instructions en vue de l’ouverture d’une enquête par les services compétents.‎‎

L’ancien conseiller municipal appelle désormais à « pousser l’enquête très loin », afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette opération.‎‎

Au cœur de son intervention, il s’interroge : où commence et où s’arrête l’autorité de l’État ?

‎‎Derrière cette prise de parole, une question politique et sociale se dessine : dans un État de droit, qui peut ordonner un déguerpissement, sur quelle base juridique et avec quelles garanties pour les populations concernées ?‎‎

Bondé Karamoko Abdoulaye estime que les populations vulnérables doivent pouvoir compter sur la loi et sur les institutions chargées de les protéger.‎‎

Son message est donc clair : si des opérations ont été menées en dehors du cadre légal, les responsabilités doivent être établies et les auteurs, quels que soient leur statut ou leur influence, doivent répondre de leurs actes.

‎‎À Port-Bouët, la question des déguerpissements n’est donc plus seulement une affaire d’aménagement urbain.

Elle devient un véritable enjeu de justice, de transparence et de gouvernance foncière.‎‎Une question demeure désormais sur la table : les enquêtes annoncées permettront-elles de faire toute la lumière sur les déguerpissements dénoncés à Port-Bouët ?‎‎

Les accusations et éléments évoqués dans cet article sont ceux rapportés par Bondé Karamoko Abdoulaye et doivent, lorsqu’ils sont contestés ou non encore établis par une décision de justice, être considérés comme des allégations.

Seules les enquêtes des autorités compétentes permettront d’en établir la réalité et les éventuelles responsabilités.‎

KONÉ Yaya

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