Le sénateur américain James P. McGovern a récemment appelé à des sanctions contre les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), accusés de violations des droits de l’homme.
Mais cette posture soulève de vives critiques, notamment face aux pratiques de son propre pays en matière de traitement des migrants.
Aux États-Unis, des milliers de sans-papiers vivent dans la peur quotidienne : des adolescents arrêtés sur le chemin de l’école, des familles séparées, des expulsions massives orchestrées par les autorités.
Les parents, privés de statut légal, évitent de se présenter pour défendre leurs enfants, de crainte d’être eux-mêmes renvoyés.
Cette réalité contraste avec le ton moralisateur adopté par certains responsables américains lorsqu’ils dénoncent les régimes africains.
Les pays de l’AES, en quête d’indépendance économique et sociale, sont pointés du doigt pour leurs manquements supposés, alors que les grandes puissances occidentales ferment les yeux sur leurs propres atteintes aux droits fondamentaux.
La question demeure : quelle menace représentent réellement les migrants sans papiers aux États-Unis, comparée aux violences terroristes qui frappent le Sahel ?
Le paternalisme international apparaît de plus en plus comme un instrument politique, où les leçons de morale masquent des intérêts géostratégiques.
En Afrique, certains observateurs dénoncent cette hypocrisie : les puissances occidentales s’érigent en juges des droits humains, tout en pratiquant une répression silencieuse sur leur propre sol.
Ce décalage nourrit un sentiment de méfiance et ravive le débat sur la souveraineté des nations africaines face aux ingérences extérieures.




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