Municipales et Régionales 2018 : 5 morts de trop enregistrés en Côte d’Ivoire

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Municipales et Régionales 2018 : 5 morts de trop enregistrés en Côte d’Ivoire
Les élections municipales et régionales 2018 organisées en Côte d’Ivoire, le 13 octobre dernier, ont occasionné le décès de 5 personnes. C’est ce qui ressort de la déclaration officielle du Gouvernement ivoirien, qui annonce des poursuites contre les auteurs et les instigateurs des violences ayant entrainé ces pertes en vie humaine. Quand prendra fin cette spirale de la violence engendrée par des élections dans notre pays ?
Pendant longtemps, le Président Houphouët –Boigny s’est échiné à nous parler des vertus de la paix. Il se plaisait à le dire, la paix est la deuxième religion de la Côte d’Ivoire. Il a finit par nous offrir une basilique appelée notre Dame de la paix, témoignage de sa foi religieuse et volonté pour lui d’épargner à son peuple les affres de la guerre. Malgré tout, les Ivoiriens ne voulant certainement pas être un oasis de paix dans un continent déchiré par des guerres, se sont offert, eux aussi, leur conflit. A la base, un coup d’état manqué, une rebellion et une crise post-électorale. La macabre comptabilité établie après la crise a dénombré 3000 morts. Un bilan effrayant et qui est certainement loin d’être exhaustif.
Depuis l’avènement du multipartisme, en passant par les boycotts actifs, chaque élection s’est déroulée avec son lot de victimes. Chaque société doit faire ses mutations sociologiques, mais les Ivoiriens ne savent que faire pour atteindre le niveau démocratique des grandes nations. Le refuge ethnique est tentant. Les masses laborieuses s’y engouffrent ainsi que de soi-disant intellectuels. Les programmes de société, les joutes oratoires laissent la place à la violence politique.
De la démocratie participative Houphouëtienne à l’instauration du multipartisme et de la démocratie, n’est-il pas temps de faire une introspection, de faire le bilan conjugué de plusieurs décennies de démocratie mal comprise et appliquée? Que gagne le pays avec la politique telle que pratiquée depuis 1990 ? Ne doit-on pas inculquer à cet Ivoirien nouveau, que tous appellent de leurs vœux, les valeurs fondatrices de toute démocratie ? Lui apprendre le respect de la vie humaine, du bien d’autrui, l’amour de la patrie et du travail, du drapeau ivoirien, des valeurs républicaines.
Dans les pays de longue tradition démocratique, les élections sont de grands moments ou les débats d’idées forgent l’opinion du peuple. La probité des candidats est mise en exergue. Les meetings sont de grandes messes avec des rites traditionnelles selon les partis politiques. Les empoignades, les échauffourées, les atteintes à la vie privée ne sont pas en reste. Mais on ne fait pas la guerre, on ne se livre pas à des vendettas par milices, dozos ou loubards interposées. On ne découpe pas son voisin à la machette parce qu’il ne partage pas la même opinion. On ne titille pas la fibre ethnique.
Bref, ces crimes commis sous le prétexte de joutes électorales ne doivent plus avoir cours dans notre pays. Les 5 morts enregistrés lors de ces élections municipales et régionales sont véritablement de trop et ne doivent pas rester impunis.
Richard NIAMBA
richniamba@gmail.com