Grand-Bassam, jeudi 15 octobre 2026
Elle fut la première capitale de la Côte d’Ivoire, port, tribunal et comptoir. Aujourd’hui, Grand-Bassam change de métier : elle devient une capitale de la santé.
Le jeudi 8 octobre 2026, les clés du siège provisoire de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) ont été remises au sein du VITIB, le Village des technologies de l’information et de la biotechnologie. Le siège définitif, encore en chantier, doit accueillir entre 260 et 300 personnes. Ce transfert découle d’une décision des chefs d’État de la CEDEAO, prise le 24 mars 2026. L’institution, longtemps installée à Bobo-Dioulasso, pose ses valises sur la lagune.
Le maire, Jean-Louis Moulot, y voit une satisfaction, mais aussi une responsabilité supplémentaire pour la technopole. Le mot est juste. Accueillir des diplomates de la santé exige de bien soigner les siens.
Or la ville s’y est déjà mise, discrètement. Son Centre départemental de transfusion sanguine a été inauguré le 16 septembre 2026. Le 6 octobre, lors des 75 ans du CNTS-CI, la préfète Traoré Imelda a demandé aux administrations, aux villages et aux communautés d’organiser des dons de sang réguliers. Le représentant du maire a résumé la philosophie du lieu : « le sang ne s’achète pas mais se donne ».
Voilà l’angle que les cartes postales oublient. Sous les façades coloniales classées à l’UNESCO, la vieille cité du commerce prépare une économie de la confiance : des laboratoires, des donneurs, des experts, une solidarité qui se mesure en vies.
Le test viendra vite. Fin octobre, le Festival Abissa, fête traditionnelle des N’zima, rassemble la ville entre mémoire et renouveau. Une capitale de la santé se prouve aussi par la vitalité de son peuple.
kone Yaya














