À Grand-Bassam, le Mawlid place la lutte contre l’orpaillage illégal au cœur du message religieux

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À Grand-Bassam, la célébration de la naissance du Prophète Muhammad a placé, ce samedi 12 septembre 2026, la lutte contre l’orpaillage illicite au centre de son message religieux.

Réunis au domicile familial de feu El Hadj Cheick Adiatou Sanogo, ancien président du COSIM Sud-Comoé, les enfants, les proches, les dignitaires religieux et les autorités ont placé la protection de la création divine, la recherche de l’or au centre des échanges.


La cérémonie commémorative du Mawlid, organisée par les enfants et alliés du défunt guide religieux, avait pour thème : « Préserver la création d’Allah : le devoir du musulman face à l’orpaillage ».


Devant une importante assemblée, le porte-parole de la famille Souleymane Sanogo a réitéré la gratitude la famille pour la réussite de cette 4 édition avant laisser la place au conférencier, Cheick Aboubacar Konaté, qui a livré un plaidoyer particulièrement ferme contre les pratiques illégales qui fragilisent les communautés et dégradent l’environnement.

Son message s’est notamment adressé à la jeunesse, appelée à se détourner de l’orpaillage illégal et, plus largement, des activités contraires aux lois et aux valeurs de la société.


« Nous avons désormais dépassé certaines pratiques qui n’honorent ni notre religion, ni notre nation, ni notre Président de la République, ni les institutions de notre pays », a-t-il lancé à la jeunesse.


Au-delà de la dénonciation, le prédicateur a insisté sur la nécessité de transformer la foi en responsabilité collective.

Pour lui, préserver la nature, respecter les règles communes et contribuer au développement de la communauté constituent autant de dimensions d’un même engagement citoyen.


La solidarité comme prolongement du message religieux
La rencontre ne s’est toutefois pas limitée à la question environnementale.

Elle a également été marquée par un geste de solidarité en faveur d’un jeune appelé à poursuivre ses études à l’extérieur du pays.


Face à l’insuffisance des ressources financières de sa famille, un appel avait été lancé afin de réunir 2 millions de francs CFA nécessaires à la poursuite de sa formation.


L’appel a trouvé une réponse immédiate. Koné Moussa Seydou DG de SODEMI et premier vice-président du conseil régional qui représentait dr Eugène Aka Aouélé président du conseil régional à la cérémonie a offert la totalité de la somme, en espèces, par l’intermédiaire des responsables religieux présents.


Un geste salué comme une illustration concrète de la solidarité prônée par l’islam : aider un jeune à se former aujourd’hui pour lui permettre, demain, de revenir servir sa communauté et son pays.


Plus de 400 imams autour de l’héritage de Cheick Adiatou Sanogo
Prenant la parole, Cheikh Moussa Dramé, président du COSIM Sud-Comoé, a replacé cette célébration dans la continuité de l’œuvre du défunt Cheick Adiatou Sanogo.


Il a rappelé que la famille perpétue chaque année cette rencontre spirituelle et que le Mawlid constitue également un moment de transmission, de prière et de rassemblement.


Selon lui, les activités spirituelles conduites par la famille depuis le début du mois de Rabî al-Awwal ont notamment été marquées par plus de 1 560 lectures du Coran, auxquelles se sont ajoutées des récitations du Dalâ’il al-Khayrât et de la sourate Yâ-Sîn.


La mobilisation religieuse a été à la hauteur de l’événement. Plus de 400 imams, venus notamment d’Adiaké, de Tiapoum, d’Aboisso et d’autres localités du Sud-Comoé, ont participé aux prières et à la communion spirituelle.


Une mémoire transformée en engagement
Pour Cheikh Moussa Dramé, la disparition de Cheick Adiatou Sanogo n’a pas effacé son influence.

Ancien président du COSIM Sud-Comoé, le défunt a laissé derrière lui une communauté appelée à poursuivre son œuvre.


La cérémonie a ainsi été l’occasion de prier pour le repos de son âme, pour sa famille, mais aussi pour ses disciples et tous ceux qui perpétuent son héritage.


Les autorités locales ont également répondu présentes, parmi lesquelles le ministre-maire de Grand-Bassam, Jean-Louis Moulot, représenté par son conseiller, M. Traoré Ali, ainsi que le directeur général de la SODEMI et premier vice-président du Conseil régional du Sud-Comoé, représentant le président du Conseil régional, Eugène Aka Aouélé.

Des cadres de la ville ont également pris part à la rencontre.


Au terme de cette journée, le message dépasse donc le seul cadre religieux : protéger la nature, éduquer la jeunesse, soutenir la formation et préserver la cohésion sociale peuvent constituer les différentes expressions d’un même devoir collectif.


Ce Mawlid a ainsi rappelé qu’une communauté ne se mesure pas seulement à sa capacité à célébrer sa foi, mais aussi à sa volonté de transformer cette foi en actes utiles à la société.

Koné Yaya

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