Nous sommes samedi 5 septembre 2026. À Grand-Bassam, la famille N’Diaye ouvre ses portes pour une nouvelle édition de la Grande Nuit du Maouloud Nabawi, organisée par la Fondation El Hadj Yacouba N’Diaye, sous la direction de l’Imam principal de la Grande Mosquée centenaire, Dr Cheick Ibrahima Ndiaye.
Mais derrière les prières et les récitations, cette nuit raconte quelque chose de plus profond : la volonté de transmettre une mémoire, une foi et des valeurs d’une génération à l’autre.
Une nuit où Grand-Bassam prie ensemble
Ils sont venus nombreux.
Plus de 200 imams, venus d’Abidjan, de plusieurs localités du Sud-Comoé et de Grand-Bassam, se retrouvent dans cette cour devenue, le temps d’une nuit, un lieu de rassemblement spirituel.
Les premiers instants sont consacrés à la lecture du Coran et aux récitations de Dala’il al-Khayrat. Dans le silence de la nuit, les prières portent loin.
La paix en Côte d’Ivoire. La prospérité des populations. La santé de tous. Et des vœux de longévité pour le chef de l’État, Alassane Ouattara.
Selon le porte-parole de la famille, le Coran sera récité 36 fois au cours de cette nuit, dans une atmosphère de ferveur et de recueillement.
Chaque récitation semble rappeler la même chose : la foi ne se vit pas uniquement dans l’intimité. Elle peut aussi devenir un langage commun, capable de réunir des hommes et des femmes autour d’un même souhait de paix.
Quand la célébration devient transmission
Puis vient le temps de la parole.
Le Maouloud change de rythme, sans perdre son âme. Après les récitations, place à la réflexion.
Venu du Mali, l’Imam Maoulaya Haidara Kolocani invite l’assistance à regarder le Prophète Muhammad (PSL) à travers la sagesse et l’amour.
Son thème est clair : « Le Prophète Muhammad (PSL) : modèle de sagesse et d’amour pour l’humanité ».
Quelques instants plus tard, Cheikh Issa Diabaté, Imam à la Mosquée Nour Anwar d’Abobo, poursuit la réflexion autour de « Réforme et compassion en islam ».
Puis Dr Moussa Diaby, Imam à Bénogosso à Abidjan, aborde une question qui dépasse largement le cadre religieux : « L’influence de l’éducation sur la morale ».
Trois thèmes. Trois regards. Mais une même idée : le Maouloud ne doit pas être seulement un rendez-vous de mémoire. Il doit aussi être un rendez-vous de conscience.
Car célébrer le Prophète, c’est aussi s’interroger sur ce que son enseignement peut apporter à la société d’aujourd’hui.
Une Fondation au cœur de la communauté
Dans cette démarche, la Fondation El Hadj Yacouba N’Diaye occupe une place particulière.
À travers cette célébration, elle entend faire du Maouloud un espace où la spiritualité rencontre l’éducation, où la tradition rencontre la réflexion et où la foi peut contribuer au renforcement du lien social.
La présence de plusieurs délégations témoigne de cette dimension.
La délégation représentant le ministre-maire Jean-Louis Moulot, les représentants de Me Linda Diplo, de Koné Moussa Seydou, directeur de SODEMI et premier vice-président du Conseil régional du Sud-Comoé, ainsi que Mme Fousseina Tiacoh Coulibaly, présidente nationale de l’Association Djanatou Firdaws, ont participé à cette grande nuit.
À travers leurs messages, ces délégations ont salué les actions de la Fondation et exprimé leur reconnaissance à l’endroit de l’Imam Dr Cheick Ibrahima Ndiaye.
Leurs voix se rejoignent également sur un souhait : voir se multiplier les prières pour Grand-Bassam, pour le Sud-Comoé et pour la Côte d’Ivoire.
Une tradition qui change d’échelle
Avant le début des conférences, Cheick Ladji Ndiaye, intervenant au nom du président de la Fondation, prend la parole.
Il remercie les imams, les délégations, les fidèles et tous ceux qui ont effectué le déplacement.
Pour la famille N’Diaye, le Maouloud est une tradition.
Mais cette tradition familiale a progressivement pris une dimension collective. La cour N’Diaye n’est plus seulement un espace familial. Elle devient, le temps d’une nuit, un lieu de rencontre où se croisent générations, responsables religieux, les personnalités et les fidèles.
C’est peut-être là l’une des images les plus fortes de cette célébration.
Des anciens transmettent. Des jeunes écoutent. Des imams enseignent. Des familles se retrouvent. Et, au centre de tout, une même volonté : maintenir vivant un héritage spirituel.
Le véritable héritage du Maouloud
À mesure que la nuit avance, les discours laissent progressivement place aux prières.
L’ambiance est toujours aussi recueillie.
La célébration de la grande nuit de Maouloud a permis de rappeler que le Maouloud peut être bien plus qu’une commémoration. Il peut devenir un outil de transmission, d’éducation et de cohésion.
La Fondation Yacouba N’Diaye a ainsi choisi de placer cette édition sous le signe de valeurs simples, mais essentielles : la sagesse, l’amour, la compassion, l’éducation et la morale.
Des mots qui prennent tout leur sens lorsqu’ils quittent les discours pour entrer dans la vie quotidienne.
Car au fond, c’est peut-être cela que raconte cette nuit : une communauté qui se rassemble pour se souvenir, mais surtout pour apprendre à mieux vivre ensemble.
Lorsque l’Imam Dr Cheick Ibrahima Ndiaye, président de la Fondation Yacouba N’Diaye, prononce les dernières prières et bénédictions, la nuit touche à sa fin.
Les fidèles commencent à se disperser.
Le silence revient peu à peu dans la cour familiale N’Diaye.
Mais quelque chose demeure.
Une prière pour la paix.
Une parole transmise. Une tradition perpétuée. Et cette conviction, simple et profonde : honorer le Prophète Muhammad (PSL), ce n’est pas seulement célébrer sa naissance ; c’est aussi faire vivre ses valeurs dans nos comportements et dans notre société.
Kone Yaya
















































