Max Brito ou le destin brisé

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Qui se souvient encore de ce jeune international ivoirien dont la vie a basculé lors de l’unique participation de la Côte d’Ivoire à la coupe du monde de rugby, qui a eu lieu en 1995 en Afrique du sud ?
Invité surprise de la seule et unique participation d’un pays d’Afrique noire au grand banquet du Rugby Mondial, Max Brito ne savait pas qu’il prenait rendez-vous avec un terrible coup du destin. Il ne devait pas être de l’expédition sud-africaine, mais au dernier moment, il remplace son frère ainé, Patrick, forfait à cause d’une pubalgie.
Dernier match des Eléphants, qui affrontent les Iles Tonga pour l’honneur, Le samedi 3 juin 1995, à l’Olympia Park Stadium de Rustenburg. Les Eléphants ayant perdu leurs deux premiers matches contre l’Ecosse (89-00) et la France (54-18).
A peine deux minutes de jeu, Max Brito, l’ailier gauche de la Côte d’Ivoire, un solide gaillard de 24 ans, 83 kg pour 1,82 m, amorce une relance à la réception d’un coup de pied ; il est plaqué au sol, puis enseveli sous un amas de joueurs, il ne se relèverait jamais. Diagnostic des médecins, fracture en biseau de la colonne : la moelle épinière était sectionnée au niveau de la cinquième vertèbre et l’on savait que Max ne remarcherait plus jamais.
Passé l’instant d’émotion avec la forte mobilisation des uns et des autres, il a fallu attendre 20 ans, en 2015, pour que ses anciens coéquipiers de l’équipe nationale organisent son retour en terre ivoirienne, avec à la clé un tournoi hommage.
Max Brito sera reçu par Touré Mamadou, alors Conseiller du chef de l`Etat en charge du sports, mais ne recevra pas de distinction du fait d’un concours de circonstance.
Le rugbyman ne regrette aucunement sa participation à cette coupe du monde. Malgré d’insupportables douleurs neurologiques qui sont le lot des tétraplégiques, il garde le sourire. Aujourd’hui, Max Brito vit avec son épouse dans une coquette maison à Talence, en France.
Qu’est-ce que ce serait beau si à l’occasion de son prochain anniversaire, le 8 avril 2019, la Côte d’Ivoire reconnaissante invitait son valeureux enfant pour lui rendre hommage, lui apporter le réconfort d’une rente viagère, lui offrir une distinction, lui bâtir une stèle, un monument ou simplement, baptiser un espace à son nom.
Max Brito ne doit pas être rangé aux oubliettes. Souvenons-nous qu’un fils de la Côte d’Ivoire a perdu l’usage de ses quatre membres en défendant les couleurs nationales.
Richard Niamba
richniamba@gmail.com