Konaté Sidiki : « Que le gouvernement publie les premier résultats de l’enquête sur l’attentat du Fokker-100 »
La Ministre Sidiki Konaté représentait le Président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, à la cérémonie de commémoration des 10 ans de l’attentat contre le Fokker-100 à Bouaké. Dans son message, il a assuré les victimes du soutien du Président de l’Assemblée et les a invité à garder espoir en l’avenir. Il aussi décrié la lenteur de l’enquête et invité le Gouvernement à publier le premier résultat. Infoline.ci a décrypté pour vous, l’intégralité de l’intervention choc du représentant du PAN.
« Les forces nouvelles étaient une entité politico-militaire qui avait pris ses responsabilités devant l’histoire. Soro Guillaume était la tête de la branche politique. Et c’est lui qui nous conduisait à Bouaké le jour de l’attentat. Il était à Bouaké avec nous l’an dernier, pour la commémoration du 9e anniversaire. Cette année, pour des contraintes personnelles, il a décidé que nous le représentions ici. C’est àç ce titre que je suis là. Le Président de l’Assemblée dit merci à l’Amicale des rescapés, à travers sont Président Konaté Siratigui. Il dit merci aux passagers de fameux vol, à leurs parents ou à leurs représentants. Merci à tous ses amis et au forum des confessions religieuses qui nous accompagne spirituellement.
Guillaume Soro nous demandé de transmettre un message de paix, de pardon et de réconciliation. Mais, que dire, c’est la première fois que nous avons vécu pareilles situation dans notre pays. Ailleurs en Afrique, notamment au Rwanda, l’avion civil d’un Préludent a été abattu, entrainant un génocide que le monde déplore toujours. Mais, chez nous, un avion civil, de surcroît de l’Etat de Côte d’Ivoire, qui transportait un Premier ministre de Côte d’Ivoire, des membres du gouvernement, des membres de son cabinet, des journalistes, des protocoles et autres invités, se rendant à Bouaké, et a été attaqué. Morts, de nombreux dégâts, des vies détruites à jamais. Cela fait seulement 10 ans, pas plus. Et, entant que passagers, nous cherchons toujours à comprendre. Nous avons dépende des commissions d’enquêtes. Hier (Mercredi 28 juin 2017. Rdlr), nous avons été heureux de quelques bouts de réponses de la part du Porte-parole du Gouvernement, Bruno Koné, qui a bien voulu se prononcer sur la question. Il y a des lueurs d’espoirs puisqu’il nous a dit qu’il détenait quelques informations, et qu’il ‘y a pas d’éléments nouveaux. Je crois qu’il faudrait que l’Amicale des rescapés se rapproche de lui pour qu’il nous donne ne-ce reste que ces premiers éléments. C’est important pour la Côte d’Ivoire, car, il y a peut-être du travail qui a été fait. Aujourd’hui, les Ivoiriens s’interrogent. Comment est-ce qu’une telle attaque puisse rester lettre morte. Un avion de la République de Côte d’Ivoire a été l’objet d’une attaque terroriste sur son sol, et qu’il, y ai pas d’enquête. C’est pourquoi je dis que la réponse du ministre Bruno Koné, hier, est une bonne nouvelle. Il faut à présent que le Gouvernement ivoirien, à travers son porte-parole, notre amis Bruno, dise »nt aux Ivoiriens, les éléments nouveaux de cette enquête. Cela va crédibiliser notre pays, et démontre que cette affaire si-gave de notre histoire n’a pas été rangée dans les placards de l’histoire.
« Qu’on ne nous demande pas d’oublier ce 29 juin, car, c’est notre histoire »
Pour ce qui concerne l’évènement quoi nous réunit ici. Cela fait 10 ans. C’est vrai que ce n’est pas encore parfait. Qu’il y a encore solidarités à renforcer. Il faut travailler encore avec les parents des victimes, avec les familles des victimes. C’est vrai qu’il faut encore travailler à renforcer notre solidarité. Donc, il était important qu’on organise ce 29 juin. Il ne faut pas oublier cette date. Nous ne voulons pas être prisonniers du passer. Mais, il ne faut pas qu’on nous reproche le fait de commémorer cette date. Les gens sont heureux lorsqu’ils vont en Europe et qu’ils visitent les musées. Quand nous voyons les Français aller déposer chaque jour des fleurs sur le soldat inconnu de la 1ere guerre mondiale. Des cérémonies dont nos télévisons montrent les images, commentaires à l’appui. Mais, cela fait partie de leur histoire.
Si nous sommes content d voir l’histoire des autres, n’ayons pas honte de la nôtre. Nous voyons chaque jour des images de commémorations de guerres, de drames à travers le monde, et qui mobilisent des Chefs d’Etats. Le 29 juin fait partie de notre histoire. Surtout que ce 29 juin a ^posé des actions qui nous suivent jusqu’aujourd’hui. Qu’est-ce que le Premier ministre allait faire à Bouaké ce jour-là ? Il allait installer l’administration judiciaire dans les zones Centre-Nord et Ouest. C’est-à-dire, l’installation de l’appareil judiciaire qui était la condition du démarrage de l’opération d’identification et des audiences foraines. Parce que, une partie de la Côte d’Ivoire ne pouvait pas faire ses cartes d’identité, alors que l’autre partie est assise. Ce serait injuste. Et l’accord de Ouaga nous a demandé à donner des papiers aux ivoiriens qui n’en avaient pas, avant de parler d’élection. Hors, dans cette partie du pays, l’administration avait plié bagage depuis 2002. Elle n’y était plus officiellement. Il fallait convaincre les fonctionnaires de revenir dans la zone. Ils étaient très retissant et ne voulaient pas venir. Après plusieurs séances de travail, le Premier ministre Guillaume Soro était parvenu à les convaincre. Ainsi, un premier groupe de 50 juges ont accepté de venir à Bouaké. Le Premier ministre devait maintenant les y rejoindre pour les mettre officiellement en mission afin qu’ils regagnent les tribunaux des zone Centre-Nord-Ouest, et commencer à faire des certificats de nationalité, et même entériner les audiences foraines. Guillaume Soro se rendait donc à Bouaké pour lancer, officiellement, l’opération d’identification en installant les juges pour qu’ils fassent leur travail. Une fois installé, ils ont fait leur travail. C’est ce qui vous permis d’avoir des cartes d’identité. C’est ce qui nous a permis d’établir la liste électorale consensuelle. C’est ce qui nous a permis d’aller aux élections de 2010. La suite, nous la connaissons. Soro n’allait donc pas se promener à Bouaké. C’était pour créer les conditions pour les élections. C’est donc un acte historique lié à la situation dans laquelle se trouvait notre pays. Ce n’est pas un acte banal. Ceux qui sont morts sont morts en servant l’Etat. Ils sont morts en mission. Il faudrait qu’on retienne cela et qu’on en tire les conclusions pour eux et pour leurs familles. Ils sont morts pour une raison d’Etat. Cet avion n’était pas un aéronef de touristes. C’était un avion d’Etat pour une mission d’Etat. Et il est bon que nous en tirions toutes les conclusions. Il pleut abondamment ce matin, cela signifie que la nature pleure avec nous. Qu’il y ait reconnaissance ou pas, l’histoire retiendra qu’ils sont morts pour une cause d’Etat. Le plus important pour nous, c’est de continuer à travailler pour ne pas qu’ils soient morts cadeau. C’est de continuer à être solidaire à leurs familles. Il faut mener des actions pour ne pas que leurs enfants, leurs femmes et toutes leurs familles pensent qu’ils sont morts pour rien. Nous les survivants sommes interpellés, et le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire vous demande d’être rassurés. Et que des réflexions sont en train d’être menées pour rendre encore plus forte l’Association des victimes du 29 juin 2007. Merci à Dieu pour les survivants. Qu’ils soutiennent les familles des victimes et guérissent les blessés. Qu’il pardonne aux défunts, toutes leurs fautes. Merci aux hommes de Dieu pour vos prières. Nous sommes venues planter des arbres pour célébrer la vie et dire que c’est la chose la plus importante. Nous espérons que ces arbres ne seront pas coupés des que nous aurions tourné le dos. Et que des mesures soient prisent pour que ces arbres grandissent et vivent longtemps, et qu’à travers eux, les générations futures sachent ce qui s’est passé. Que ces arbres soient le symbole du combat qui continue. Je vous assure que l’avenir est prometteur. Je vous remercie ».
Collaboration particulière de Paul Makambou







