On l’avait cru silencieux. Il revient bruyant. Très bruyant. Et surtout brillant.En pleine ère où le Rap Ivoire et l’Afrobeat s’imposent comme les nouvelles voix de la jeunesse ivoirienne, une légende du coupé-décalé refait surface avec fracas. Safarel Obieng, souvent qualifié de phénomène aussi exubérant que controversé, revient sur le devant de la scène avec un album hybride aussi inattendu que percutant. Disponible depuis le 30 mai à minuit, ce projet de 12 titres marque un tournant décisif dans sa carrière. Il ne s’agit plus simplement d’animer les pistes de danse. Il s’agit ici d’affirmer une nouvelle stature, celle d’un artiste complet, mature, et stratège.Là où beaucoup se seraient contentés de surfer sur leurs anciens succès, Safarel prend le risque d’explorer, de mélanger, d’oser. Le résultat ? Un album riche, éclectique et calibré pour toucher plusieurs générations.Le coupé-décalé qu’on lui connaît et qu’on lui réclame est bien là, dans des morceaux énergiques et festifs comme “Olala” et “Atalaku Gouro”, véritables bombes sonores qui rappellent ses débuts fulgurants.Mais c’est lorsqu’il s’aventure sur les terrains du Rap Ivoire, avec des titres comme “Drill Décalé”, “Chop Life” ou encore “Badboy”, que l’album prend une autre dimension. Flow aiguisé, lyrics affirmés, prods urbaines — Safarel s’invite dans l’arène du rap avec confiance et panache.Et pour couronner le tout, le morceau “Guetto” vient bousculer les codes avec une saveur inattendue : celle d’un reggae-décalé bien senti, aux paroles engagées, qui donne au projet une profondeur sociale nouvelle. Une expérimentation réussie, qui révèle une autre facette de l’artiste. Une réponse cinglante à ses détracteurs“Il est fini.” “Il dort.” “Il ne renouvelle rien.” Voilà le genre de commentaires que l’on pouvait lire ces derniers mois sur les réseaux sociaux et dans les coulisses du showbiz. Il faut dire que le silence de l’artiste avait alimenté les doutes. Mais Safarel, plutôt que de répondre par des clashs ou des directs Facebook, a choisi la voie royale : la musique.Avec cet album, il cloue le bec à ses détracteurs. Chaque morceau sonne comme une preuve vivante de sa créativité intacte, de sa capacité à se réinventer, à écouter son époque sans trahir ses origines artistiques. Il ne revient pas seulement pour plaire — il revient pour régner à nouveau.Et derrière l’aspect festif apparent, on sent un véritable travail de studio, un souci du détail. Les arrangements sont soignés, les transitions entre les styles sont fluides, et les choix instrumentaux intelligents. Le projet ne se contente pas d’être un patchwork de styles, il est une œuvre cohérente, un récit musical de la renaissance d’un artiste.Le fil rouge de l’album ? La polyvalence. Celle de l’homme qui a compris que le coupé-décalé devait évoluer pour survivre, et que l’avenir appartient à ceux qui savent s’adapter sans se perdre.L’un des objectifs évidents de cet album est de remettre le coupé-décalé sur le devant de la scène, non plus comme un genre figé dans les années 2000, mais comme un courant vivant, malléable, influent. Safarel Obieng s’en proclame sans détour le nouveau boss, et dans le climat musical actuel, peu peuvent contester cette déclaration.Alors que bien des artistes de sa génération peinent à retrouver leur souffle, Safarel prend les devants, embrasse les codes d’aujourd’hui, sans renier l’énergie qui l’a révélé. Une leçon d’humilité… et de longévité. Où écouter ?L’album “Hybride” est disponible sur toutes les plateformes de streaming légales : Spotify, Deezer, Apple Music, Boomplay, Audiomack… Impossible de le rater. Et impossible de l’ignorer.
Koné Yaya…














