{"id":825,"date":"2017-09-27T23:44:34","date_gmt":"2017-09-27T23:44:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.infoline.ci\/?p=825"},"modified":"2017-09-27T23:44:34","modified_gmt":"2017-09-27T23:44:34","slug":"proces-de-lex-chef-de-letat-ivoirien-ce-que-lofficier-superieur-philippe-mangou-a-dit-a-la-barre-de-la-cpi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.infoline.ci\/?p=825","title":{"rendered":"Proc\u00e8s de l\u2019ex-chef de l\u2019Etat Ivoirien : ce que l\u2019officier sup\u00e9rieur, Philippe Mangou, a dit \u00e0 la barre de la CPI"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est un officier g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s attendu qui t\u00e9moigne depuis lundi \u00e0 la barre de la Cour p\u00e9nale internationale (CPI) dans le proc\u00e8s de l\u2019ex-chef de l\u2019\u00c9tat ivoirien Laurent Gbagbo et de son bras droit, Charles Bl\u00e9 Goud\u00e9. Voici ce qu&rsquo;il a dit le premier jour de son audition.<br \/>\nLe g\u00e9n\u00e9ral Philippe Mangou, 65 ans, a \u00e9t\u00e9 un acteur majeur de la crise post\u00e9lectorale en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Chef d\u2019\u00e9tat-major des arm\u00e9es nomm\u00e9 en novembre 2004 par Laurent Gbagbo, il a occup\u00e9 ce poste jusqu\u2019en mars 2011, quelques semaines avant l\u2019arrestation de l\u2019ex-chef de l\u2019\u00c9tat, le 11 avril 2011, par les ex-Forces r\u00e9publicaines de C\u00f4te d\u2019Ivoire (FRCI, loyales \u00e0 Alassane Ouattara), appuy\u00e9es par la force fran\u00e7aise Licorne.<br \/>\n\u00ab Mangou, le t\u00e9moin-cl\u00e9 qui va couler Gbagbo \u00bb, titrait avant la premi\u00e8re audience le journal Le Patriote, publication proche du Rassemblement des r\u00e9publicains (RDR, parti pr\u00e9sidentiel). De son c\u00f4t\u00e9, Le Temps, proche du Front populaire ivoirien (FPI), ressortant une ancienne d\u00e9claration de l\u2019officier, pr\u00e9f\u00e9rait rappeler que celui-ci ne peut \u00ab pas poignarder le pr\u00e9sident Laurent Gbagbo dans le dos \u00bb.<br \/>\nLaurent Gbagbo est poursuivi pour quatre chefs de crimes contre l\u2019humanit\u00e9 (meurtre, viol, tentative de meurtre et pers\u00e9cution) perp\u00e9tr\u00e9s \u00e0 Abidjan, conjointement avec les membres de son entourage imm\u00e9diat et par l\u2019interm\u00e9diaire des forces qui lui sont rest\u00e9es fid\u00e8les. Quant \u00e0 Bl\u00e9 Goud\u00e9, qui \u00e9tait son ministre de la Jeunesse au moment des faits, il aurait engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9 p\u00e9nale individuelle pour ces crimes, \u00ab alternativement en tant que coauteur indirect \u00bb, avec son Alliance des jeunes patriotes, pr\u00e9sent\u00e9e par certains comme une milice \u00e0 la solde du pouvoir Gbagbo.<br \/>\nFace \u00e0 Bensouda<br \/>\nLe t\u00e9moignage de Mangou, \u00e0 partir du lundi 25 septembre, vient apr\u00e8s ceux d\u2019autres g\u00e9n\u00e9raux cl\u00e9s du dispositif s\u00e9curitaire mis en place par Laurent Gbagbo. Les g\u00e9n\u00e9raux Br\u00e9dou M\u2019Bia, ex-directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Police, Georges Guiai Bi Poin, commandant de l\u2019ex-Centre de coordination des op\u00e9rations de s\u00e9curit\u00e9 (Cecos, unit\u00e9 mixte d\u2019\u00e9lite) et \u00c9douard Kassarat\u00e9, ex-commandant sup\u00e9rieur de la gendarmerie, ont davantage us\u00e9 de la langue de bois, \u00e9voquant m\u00eame par moments, pour le dernier cit\u00e9, des trous de m\u00e9moire.<br \/>\nNomm\u00e9 ambassadeur de la C\u00f4te d\u2019Ivoire au Gabon, en mai 2012 par le pr\u00e9sident Alassane Ouattara, Mangou se retrouve ainsi face \u00e0 la procureur Fatou Bensoudaet \u00e0 son \u00e9quipe qui n\u2019ont qu\u2019un but : obtenir de sa part des t\u00e9moignages sur les responsabilit\u00e9s p\u00e9nales individuelles de Laurent Gbagbo et de Charles Bl\u00e9 Goud\u00e9, notamment dans la r\u00e9pression meurtri\u00e8re d\u2019une marche des partisans d\u2019Alassane Ouattara sur la Radiot\u00e9l\u00e9vision ivoirienne (RTI, t\u00e9l\u00e9vision publique) ou d\u2019une manifestation de femmes vis\u00e9es par un bombardement au mortier, dans un secteur dens\u00e9ment peupl\u00e9 d\u2019Abobo, commune populaire d\u2019Abidjan.<br \/>\nJe jouais un r\u00f4le de coordinateur<br \/>\nD\u00e8s l\u2019entame de l\u2019audience, visiblement \u00e0 l\u2019aise, le g\u00e9n\u00e9ral Mangou a laiss\u00e9 entendre aux juges que de nombreuses informations sensibles ne lui \u00e9taient pas remont\u00e9es, quand bien m\u00eame il \u00e9tait le chef d\u2019\u00e9tat-major des arm\u00e9es. Il a surtout fait remarquer que certains officiers sup\u00e9rieurs de l\u2019arm\u00e9e, en l\u2019occurrence le g\u00e9n\u00e9ral Bruno Dogbo Bl\u00e9 qui l\u2019a remplac\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00e9tat-major des arm\u00e9es (et qui a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 en avril dernier par un tribunal d\u2019Abidjan \u00e0 18 ans de prison dans l\u2019affaire du rapt du Novotel) prenaient directement leurs ordres aupr\u00e8s de l\u2019ex-couple pr\u00e9sidentiel.<br \/>\nVoici en d\u00e9tail ce qu\u2019il a dit de ses rapports avec Laurent Gbagbo, de ses relations avec ses anciens collaborateurs au sein de l\u2019\u00e9tat-major des arm\u00e9es, de l\u2019armement des ex-Forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 (FDS, rest\u00e9es fid\u00e8les \u00e0 Laurent Gbagbo lors de la crise de 2011)\u2026<br \/>\nSon r\u00f4le lors de la crise post\u00e9lectorale<br \/>\n\u00ab Lors de la crise post\u00e9lectorale, on avait deux grandes entit\u00e9s. Les unit\u00e9s qui \u00e9taient sur le th\u00e9\u00e2tre des op\u00e9rations dont le commandant de th\u00e9\u00e2tre \u00e9tait le capitaine de vaisseau major Konan Boniface. Les unit\u00e9s qui avaient \u00e9t\u00e9 form\u00e9es et d\u00e9ploy\u00e9es dans tout Abidjan y compris Abobo pour la s\u00e9curisation de la ville d\u2019Abidjan, et pour l\u2019intervention au niveau d\u2019Abobo qui, elles, \u00e9taient plac\u00e9es sous l\u2019enti\u00e8re responsabilit\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral de brigade D\u00e9tho Letho Firmin. Ces deux officiers \u00e9taient sur le terrain avec leurs hommes. Chacun faisait sa planification, sa conduite des op\u00e9rations. Le chef d\u2019\u00e9tat-major que j\u2019\u00e9tais, \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major dans un Centre op\u00e9rationnel qui lui est propre, le CPCO qui est le Centre de planification et de coordination des op\u00e9rations et non de conduite comme cela a \u00e9t\u00e9 dit ici.<br \/>\nMoi, j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major, ma guerre \u00e0 moi, je la faisais sur la carte en fonction des renseignements de terrain que me donnait Konan Boniface qui est sur le th\u00e9\u00e2tre des op\u00e9rations et le g\u00e9n\u00e9ral D\u00e9tho Letho en ce qui concerne la gestion des unit\u00e9s au niveau d\u2019Abidjan. Donc, je jouais un r\u00f4le de coordinateur, je coordonnais leurs actions. \u00bb<br \/>\nSes rapports avec Gbagbo<br \/>\n\u00ab Je n\u2019ai pas de relation particuli\u00e8re avec monsieur Gbagbo. La premi\u00e8re fois que je voyais le pr\u00e9sident Gbagbo, c\u2019\u00e9tait au lyc\u00e9e classique d\u2019Abidjan. Il \u00e9tait professeur, moi j\u2019y \u00e9tais en tant qu\u2019\u00e9l\u00e8ve. Comme tout \u00e9l\u00e8ve, on conna\u00eet son professeur de nom, des fois, de visage. Mais je savais que c\u2019\u00e9tait un professeur au lyc\u00e9e classique. Je sais qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, nous avons eu m\u00eame \u00e0 faire un mouvement de gr\u00e8ve parce que le pr\u00e9sident faisait cours en tant que professeur et cela n\u2019a pas plu \u00e0 la fille d\u2019un ambassadeur. C\u2019est un \u00e9v\u00e9nement qui m\u2019a marqu\u00e9. Donc nous avons eu \u00e0 faire la gr\u00e8ve sans qu\u2019on ne se parle et sans qu\u2019on ne se salue. C\u2019\u00e9tait le premier contact.<br \/>\nLorsqu\u2019est survenue la crise de 2002 [la r\u00e9bellion des Forces nouvelles de Guillaume Soro, NDLR], j\u2019\u00e9tais sur le terrain. Certainement que le pr\u00e9sident a appr\u00e9ci\u00e9 ce que mes hommes et moi faisions. Il m\u2019a convoqu\u00e9 un jour pour me dire qu\u2019il allait me confier une grande responsabilit\u00e9 au niveau de l\u2019arm\u00e9e mais sans me pr\u00e9ciser quoi que ce soit.<br \/>\nAvant de requ\u00e9rir l\u2019arm\u00e9e, il faut bien r\u00e9fl\u00e9chir. Parce que quand une arm\u00e9e est requise, elle vient avec tous ses moyens<br \/>\nC\u2019est sur r\u00e9quisition du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique que les unit\u00e9s se sont d\u00e9ploy\u00e9es tant sur le th\u00e9\u00e2tre des op\u00e9rations qu\u2019au niveau d\u2019Abidjan et m\u00eame au niveau d\u2019Abobo. Je ne vous ferai pas l\u2019injure de dire qu\u2019une r\u00e9quisition, c\u2019est un ordre de l\u2019autorit\u00e9 publique qui est un ordre formel, express, un ordre sans appel. On l\u2019appelle ainsi parce que la r\u00e9quisition a un caract\u00e8re p\u00e9remptoire. Donc, l\u2019ordre re\u00e7u, nous nous ex\u00e9cutions. Nous rendions compte \u00e0 celui qui est l\u2019initiateur de la r\u00e9quisition, au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Mais, il y a quand m\u00eame une hi\u00e9rarchie. Il y a le ministre de la D\u00e9fense et le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique.<br \/>\nQuant \u00e0 la question de savoir si l\u2019arm\u00e9e disposait d\u2019autorisations avant d\u2019agir, je dis qu\u2019on avait d\u00e9j\u00e0 l\u2019autorisation, d\u00e8s lors qu\u2019on agissait sous r\u00e9quisition. D\u00e8s l\u2019instant o\u00f9 l\u2019arm\u00e9e est requise, l\u2019arm\u00e9e vient avec tous ses moyens. Quand vous enlevez les RPG, les mortiers, les chars, les avions, vous n\u2019avez plus affaire \u00e0 une arm\u00e9e mais \u00e0 une force de premi\u00e8re cat\u00e9gorie. C\u2019est pour cela qu\u2019avant de requ\u00e9rir l\u2019arm\u00e9e, il faut bien r\u00e9fl\u00e9chir. Parce que quand une arm\u00e9e est requise, elle vient avec tous ses moyens.<br \/>\nPour ce qui \u00e9tait de mon cas, puisque nous \u00e9tions dans le feu de l\u2019action, et compte tenu de l\u2019urgence, je rendais compte \u00e0 la fois au ministre de la D\u00e9fense et au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, pour \u00eatre s\u00fbr que les deux \u00e9taient au m\u00eame niveau d\u2019information. \u00bb<br \/>\nSes relations avec les autres g\u00e9n\u00e9raux de la galaxie Gbagbo<br \/>\n\u00ab Le g\u00e9n\u00e9ral Kassarat\u00e9 [ex-commandant sup\u00e9rieur de la gendarmerie, NDLR] et le g\u00e9n\u00e9ral Br\u00e9dou, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la police, n\u2019ont pas jou\u00e9 franc jeu. Non pas que les gendarmes et les policiers ne voulaient pas travailler, pas du tout. Nous avons travaill\u00e9 avec eux, ils ont \u00e9t\u00e9 constamment sur le terrain. Mais le probl\u00e8me, c\u2019\u00e9tait au niveau du chef qui ne voulait pas fournir d\u2019effectif. J\u2019ai d\u00fb, \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major, organiser une r\u00e9union afin que chacun me fasse le point des effectifs. Sur un effectif d\u2019environ 15 000 gendarmes, le g\u00e9n\u00e9ral Kassarat\u00e9 me donnait un effectif disponible de 500 personnes. Sur un effectif de pr\u00e8s de 20 000 policiers, le g\u00e9n\u00e9ral Br\u00e9dou me donnait un effectif de 1250. J\u2019ai dit mais qu\u2019est-ce que c\u2019est que \u00e7a ? \u00c0 telle enseigne que le pr\u00e9sident Laurent Gbagbo lui-m\u00eame, sentant cette supercherie, ne cessait de me demander si j\u2019avais confiance en Kassarat\u00e9 et en Br\u00e9dou. Un jour, \u00e9tant un peu exasp\u00e9r\u00e9 par les questions que me posait le pr\u00e9sident, j\u2019ai d\u00fb lui dire : \u2018Mais pr\u00e9sident, il faut les enlever pour qu\u2019on mette d\u2019autres personnes pour travailler\u2019. Le pr\u00e9sident m\u2019a dit : \u2018Non, compte tenu de la p\u00e9riode, je n\u2019ai vraiment personne sous la main, je ne peux pas le faire\u2019. Mais il faut reconna\u00eetre qu\u2019ils n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 francs avec nous. Non pas parce qu\u2019ils \u00e9taient avec l\u2019autre camp. Ils surfaient sur un fil \u00e0 la recherche d\u2019une terre ferme o\u00f9 mettre les pieds.<br \/>\nChaque fois qu\u2019on convoque Dogbo Bl\u00e9 pour une r\u00e9union, il dit qu\u2019il est avec le pr\u00e9sident<br \/>\nLe g\u00e9n\u00e9ral Dogbo Bl\u00e9 a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique [Gbagbo]. Dogbo Bl\u00e9, il faut le dire, est mon cadet. Je connaissais Dogbo depuis les ann\u00e9es 1980. J\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019\u00e9poque jeune capitaine au bataillon blind\u00e9 quand Dogbo est arriv\u00e9 de Saint-Cyr. Donc j\u2019\u00e9tais son chef, tant au niveau des escadrons qu\u2019on commandait qu\u2019au niveau de la fonction de chef de corps que j\u2019ai tenu. Donc nous sommes de la m\u00eame arme et il travaillait avec moi. Quand il est arriv\u00e9, dans l\u2019appr\u00e9ciation, c\u2019\u00e9tait un officier tr\u00e8s intelligent, bien cultiv\u00e9, un officier qui faisait preuve de d\u00e9termination et de courage dans tout ce qu\u2019il faisait. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, il \u00e9tait enti\u00e8rement effac\u00e9. C\u2019est \u00e0 peine s\u2019il ne rasait pas les murs. J\u2019en ai fait mon fils \u00e0 moi, puisque c\u2019est moi qui fus son t\u00e9moin de mariage, mais par la suite je n\u2019ai pas reconnu son comportement. Il \u00e9tait l\u2019interlocuteur privil\u00e9gi\u00e9 du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Dogbo Bl\u00e9 \u00e9tant en m\u00eame temps commandant de la Garde r\u00e9publicaine et commandant du palais (pr\u00e9sidentiel), il ne rendait compte qu\u2019au pr\u00e9sident Laurent Gbagbo. Chaque fois qu\u2019on le convoque pour une r\u00e9union, il dit qu\u2019il est avec le pr\u00e9sident. Entre Dieu et l\u2019ange, il est \u00e9vident qu\u2019on se tourne vers Dieu. D\u2019ailleurs, en sept ans de commandement, Dogbo Bl\u00e9 n\u2019a assist\u00e9 que deux fois \u00e0 une r\u00e9union de l\u2019\u00e9tat-major. Il avait de fait, deux chefs : le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et le chef d\u2019\u00e9tat-major. \u00bb<br \/>\nLe blocus de l\u2019h\u00f4tel du Golf, QG d\u2019Alassane Ouattara<br \/>\n\u00ab Suite au compte rendu que j\u2019ai fait au pr\u00e9sident Laurent Gbagbo pour lui dire que nos fr\u00e8res venaient \u00e0 Abidjan, puis remontaient au Nord et que d\u2019autres \u00e9taient au Golf, il a donn\u00e9 des instructions. Il a demand\u00e9 de faire en sorte que les fr\u00e8res d\u2019armes ne sortent pas du Golf. Il a demand\u00e9 de faire en sorte que les militaires qui sont dedans ne sortent pas. Moi, j\u2019ai traduit cette instruction en ordre militaire. Donc, le poste d\u2019observation qui \u00e9tait l\u00e0 a \u00e9t\u00e9 r\u00e9ajust\u00e9 et on a mis un poste de contr\u00f4le.<br \/>\nDans notre esprit, \u00e7a n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un blocus. Le poste qui a \u00e9t\u00e9 mis sur pied, je le pr\u00e9cise bien, c\u2019est un poste de contr\u00f4le. Et vous avez vu qu\u2019on a demand\u00e9 qu\u2019on fasse le contr\u00f4le, pour demander \u00e0 nos hommes de ne pas permettre aux militaires qui \u00e9taient au Golf d\u2019aller en ville en armes pour faire quoi que ce soit et nous faire porter la responsabilit\u00e9, de veiller \u00e0 ce que des gens en armes n\u2019entrent pas au Golf pour commettre des actes et nous faire porter la responsabilit\u00e9. C\u2019est vrai que quand on donne un ordre, il y a souvent des interpr\u00e9tations. Donc, quelquefois, quand un v\u00e9hicule arrivait avec des vivres pour ceux qui \u00e9taient au Golf, des gens le bloquaient. Quand je suis inform\u00e9, on laisse passer le v\u00e9hicule. On n\u2019a pas donn\u00e9 d\u2019ordre dans ce sens pour priver les personnalit\u00e9s qui \u00e9taient au Golf de nourriture. \u00bb<br \/>\nArmements des ex-FDS<br \/>\n\u00ab Le pr\u00e9sident a nomm\u00e9 Guiai Bi Poin qui \u00e9tait \u00e0 la fois commandant de l\u2019\u00c9cole de gendarmerie et commandant du Centre de commandement des op\u00e9rations de s\u00e9curit\u00e9 (Cecos). J\u2019ai propos\u00e9 au pr\u00e9sident qu\u2019il ne soit que seulement commandant du Cecos, je n\u2019ai pas obtenu gain de cause. Mais en plus, dans le d\u00e9cret de cr\u00e9ation, le Cecos \u00e9tait plac\u00e9 sous la responsabilit\u00e9 directe du ministre de la D\u00e9fense, pas du chef d\u2019\u00e9tat-major, ni du commandant sup\u00e9rieur de la Gendarmerie. Et au fil des missions, on s\u2019est m\u00eame aper\u00e7u que le Cecos a \u00e9t\u00e9 dot\u00e9 de mitrailleuses lourdes 12\/7, des mitrailleuses qui peuvent effectuer des tirs jusqu\u2019\u00e0 1 200 m. Le Cecos a \u00e9t\u00e9 dot\u00e9 de RPG. On se sert des RPG pour lancer des roquettes non guid\u00e9es. Les \u00e9l\u00e9ments du Cecos avaient m\u00eame des grenades offensives et des grenades d\u00e9fensives.<br \/>\nOui, le Cecos n\u2019\u00e9tait plus dans le cadre de sa mission<br \/>\nPour \u00eatre clair avec vous, la mission premi\u00e8re du Cecos, c\u2019\u00e9tait la lutte contre le grand banditisme. Mais compte tenu de la dotation en mat\u00e9riel du Cecos, nous nous sommes servis du Cecos. Sinon, si on veut se r\u00e9f\u00e9rer au d\u00e9cret de cr\u00e9ation, oui, le Cecos n\u2019\u00e9tait plus dans le cadre de sa mission. Le Cecos n\u2019assurait plus sa mission de lutte contre le grand banditisme. La mission \u00e9tait revenue \u00e0 la police et \u00e0 la gendarmerie qui \u00e9taient tout aussi outill\u00e9es pour mener ce genre de lutte. \u00bb<br \/>\nSource : jeunes Afrique<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est un officier g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s attendu qui t\u00e9moigne depuis lundi \u00e0 la barre de la Cour p\u00e9nale internationale (CPI) dans le proc\u00e8s de l\u2019ex-chef de l\u2019\u00c9tat ivoirien Laurent Gbagbo et de son bras droit, Charles Bl\u00e9 Goud\u00e9. Voici ce qu&rsquo;il a dit le premier jour de son audition. 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