Honoré Zolobé (Pdt Fédération Ivoirienne de Badminton) : « Nous visons Paris 2024 »

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Honoré Zolobé, président de la Fédération ivoirienne de Badminton

Revenu dans les arènes avec le Shuttle Time, samedi dernier, après plusieurs mois du fait des jeux africains de Rabat, le badminton ivoirien tient encore dans son escarcelle un florilège d’activités avant la fin de la saison. Cela tant sur le plan national qu’international. Un chapelet d’activité sur lequel revient longuement Honoré Zolobé, le président de la Fédération Ivoirienne de Badminton( FIBAD ) non sans révéler ses projets et grandes ambitions pour le badminton ivoirien.

 

Quelles sont les futures grandes dates après le Shuttle Time ?

Nous avons un programme 2019 bien chargé. Commençons par ce  programme de formation pour les cadres qui nous tient à cœur. Vous savez que le badminton est une discipline académique énormément pratiquée en milieu scolaire et universitaire. Il nous faut donc des cadres bien formés pour véhiculer toutes les techniques en vue d’une excellente pratique. Ainsi, dans la première semaine du mois de novembre, le coach Christian Pouté s’envolera avec un athlète pour le Nigéria afin de prendre part à une formation en para badminton (Badminton des handicapés). Le para badminton comprend cinq catégories (personne de taille moyenne, souffrant de handicap physique, membres inférieurs, supérieurs …).C’est un domaine très vaste et l’instance internationale veut que le badminton soit pratiqué par tous. S’en suivra un programme de formation pour le Niveau 2  au Congo avec un de nos coaches en charge du badminton en milieu scolaire. Le niveau 2 est un diplôme de l’instance internationale très prisé. Nous n’avons qu’un seul niveau 2 en Côte d’Ivoire  qui est le sélectionneur national. Cette formation va accroître le nombre de nos encadreurs et surtout notre expertise en matière de pratique du badminton. Au chapitre des formations, nous avons celle réservée à la gestion des carrières. C’est un programme de l’instance internationale afin que nous ayons dans notre bureau fédéral quelqu’un qui va s’occuper de l’après-carrière d’un athlète. Elle est prévue en Afrique du Sud. C’est le coach Guy Kpatta de la ligue de Dabou qui la fera dans la première quinzaine du mois de décembre .Au calendrier du mois de novembre, nous avons le championnat école dont nous bouclerons les phases finales .Les compétitions se déroulent dans chaque ligue, les écoles se retrouveront à Abidjan et le champion représentera la Côte d’Ivoire au championnat scolaire africain prévu en décembre en Zambie. L’année dernière, nous avons fini deuxième au championnat d’Afrique scolaire disputé au Ghana, cette année les leçons tirées de l’expédition ghanéenne permettront de faire une bonne préparation et d’amener les enfants à mieux  faire qu’en  2018 .Il faut également  relever que depuis septembre nous avons une délégation de 4 personnes en Chine toujours dans le domaine de la formation. Tout cela pour dire qu’en matière de formation nous mettons les bouchées doubles afin que nous ayons des athlètes de qualité. Et quand tout ce monde reviendra, nous allons achever le championnat de Cote d’Ivoire et enchaîner avec la coupe nationale. Au plan international, nous avons une équipe qui ira à l’Open international du Cameroun prévu du 14 au 17 novembre prochain. Cette activité sera la dernière sur la scène internationale. Et nous allons mettre en œuvre le déroulé de la convention d’objectifs signée avec le ministère des sports. A l’intérieur de cette convention d’objectifs, il y a quelques grandes lignes à observer. Nous avons connu un petit retard à cause des soucis liés aux infrastructures. Je crois que la saison prendra fin dans le premier trimestre de l’année 2020.Mais avant nous aurons la grande fête du badminton scolaire en novembre.

En quoi se résume votre  principal challenge ?

Notre projet majeur est d’étendre le badminton sur l’ensemble du territoire  ivoirien. D’abord là où il y a une école ou un établissement, nous devons avoir le badminton comme activité et ensuite représenter dignement notre pays dans les joutes internationales les prochaines années. Vous savez que le badminton est une véritable activité sportive et la politique nationale du sport en Côte d’Ivoire veut que le sport soit une industrie. Le pratiquant doit pouvoir vivre de son art .Le badminton est également un  réel projet sportif.

Quels échos avez-vous sur la formation en terres chinoises du quatuor ivoirien ?

La délégation ivoirienne présente en Chine depuis septembre. Ils sont à deux semaines ( 9 novembre) de leur retour en Côte d’Ivoire. Mais les retours que nous avons sont déjà très intéressants. Depuis 2016 où nous avons entamé cette collaboration, la Côte d’Ivoire a toujours laissé une très bonne impression aux coaches chinois. C’est devenu une tradition. Et là, nous avons les échos selon lesquels la délégation ivoirienne se comporte très bien.

Peut-on en savoir davantage sur l’Open du Cameroun ?

Normalement, nous ne  devons plus participer aux compétitions internationales .Mais pour cet open, nous avons fait violence sur nous même pour être au rendez-vous camerounais afin de négocier une médaille qui rentre dans la convention d’objectifs signée. Lorsque vous dites que vous pouvez remporter un certain nombre de médailles au plan international, il faut y aller.C’est juste pour honorer cet engagement. Il faut souligner que l’athlète présent pour la formation en Chine a la capacité de porter haut les couleurs nationales. Après son retour le 9 Novembre, il poursuivra les entraînements avec les coaches avant de prendre l’avion pour les terres camerounaises.

Chef de Mission des derniers jeux africains de Rabat, n’avez-vous pas regretté l’absence du badminton ?

Bien-sûr ! Là où il y a rassemblement  sportif, le badminton doit en principe y être. Mais pour ces jeux, le ministère avait tracé un canevas de participation. On a fait la part belle aux disciplines qui avaient plus de chance de se qualifier pour les jeux olympiques Tokyo 2020.J’etais le chef de mission, j’ai été au cœur de cette compétition, il faut dire que nous y avons réussi de beaux exploits. Notamment au Tir à l’Arc avec une qualification déjà pour Tokyo, le Taekwondo, l’athlétisme, la lutte et canoë kayak. Ceci pour dire que l’objectif était de négocier des places pour Tokyo. Concernant le badminton, nous poursuivons notre marche. Nous croyons que les jeux olympiques de Paris 2024 seront plus propices pour le badminton ivoirien. Sinon pour Tokyo 2020, c’est déjà bouclé. Nous n’avons  pas de chance d’y figurer mais nous luttons pour accroître le nombre de pratiquants au niveau local. C’est l’une des grandes articulations de notre projet sportif.

Réalisée par Lebéni KOFFI