Etienne Kouya, Président du Groupement des imprimeries de Côte d’Ivoire : « Je demande à l’Etat de Côte d’Ivoire de nous écouter »

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Matériel électoraux de l’élection présidentielle 2020

Etienne Kouya, Président du Groupement des imprimeries de Côte d’Ivoire

« Je demande à l’Etat de Côte d’Ivoire de nous écouter »

Le secteur de l’imprimerie est en plein essor en Côte d’Ivoire. La jeunesse est très attirée par ce secteur pourvoyeur d’emplois et de richesse. Dans cette interview, Etienne Kouya, président du Groupement des imprimeurs de Côte d’Ivoire, a de grande ambition pour le développement de cette activité. Il envisage même créer la première véritable école d’imprimerie. Dans cette interview, il fait des propositions concrètes pour la réalisation de ce projet et se dit prêt à accompagner les acteurs des prochaines élections futures.

 

Monsieur le président, récemment vous avez organisé la première édition des journées de l’imprimerie à la Bibliothèque nationale au Plateau. Quels sont les motivations qui ont guidé l’organisation d’un tel événement ?

En fait, l’organisation de la semaine de l’imprimerie dont la première édition a eu lieu du mercredi 29 au vendredi 31 mai 2019 à la Bibliothèque nationale au Plateau sous le thème : « Enjeux-Défis et perspectives d’une Imprimerie ivoirienne émergente et compétitive », visait à promouvoir le métier de l’imprimerie, à nous faire connaître du grand public, expliquer l’importance de ce travail pour la société ivoirienne. Il s’agissait également d’essayer de voir notre potentiel, nos atouts pour approcher le marché de l’imprimerie en Côte d’Ivoire et dans la sous-région et fédérer nos forces pour pouvoir lutter contre le chômage des jeunes et surtout lutter contre l’immigration clandestine. Je pense que le message est passé.

Avez-vous le sentiment d’avoir attient vos objectifs ?

Les objectifs sont largement atteints, parce c’est une première édition donc tout le monde doutait. Il n’y a que nous les éditeurs qui n’avaient pas douté. On a essayé d’inviter les imprimeurs de la sous-région, le Burkina Faso, du mali, de Guinée, du Togo. En sommes cinq pays de la sous-région étaient présents. Et pendant cette semaine, on a eu a communier et parler de nos problèmes. Le bilan est largement positif vu l’engouement des imprimeurs, vu les invités qui se sont déplacés, vu la qualité surtout des conférenciers. Nous avons eu un conférencier du nom de Basile Gnagne, enseignant et inspecteur des imprimeries, qui a eu a instruire sur le poids de l’imprimerie dans l’industrie économie et social de la Côte d’Ivoire, tout le monde était ravi de cette conférence. Par la suite nous avons eu pendant deux jours, les communications du  représentant de l’Agence emploi jeunes, Alexis Gnaman, qui nous a donné l’envie d’entreprendre aux jeunes élèves et étudiants qui  ont effectué le déplacement. Ils étaient très contents et ils continuent de m’appeler pour me remercier parce qu’ils ont été beaucoup instruits par ce cadre l’agence emploi-jeunes.

Quelles sont les perspectives pour la prochaine édition ?

Nous sommes d’abord en train de savourer la première édition. Je suis sollicité un peu partout par les médias par les télévisions et surtout les coups de fil de nos invités. Les perspectives c’est que nous avons eu l’invitation officieuse l’usine Heidelberg en Allemagne qui a promis nous invité pour sa semaine commerciale à Dürsendorf en juin 2020. Nous attendons l’invitation formelle pour décider. Au niveau des ministères ça se passe très bien. Nous n’étions pas compris, mais après cette semaine, on a vu vraiment que les ministères nous ouvre les portes et que le Premier ministre aussi que je remercie vivement au passage, parce que c’est grâce à lui que cette organisation a eu un succès.

A cette occasion, vous avez lancé un vibrant appel demandant le soutien du gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre de votre stratégie d’insertion professionnelle des jeunes. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Effectivement, le jeunes ivoiriens sont vraiment intéressés et passionnés par l’imprimerie. Donc nous demandons à l’Etat de nous assister. Il ne serait-ce que nous accorder un fonds de garantie. Nous sommes en train de les former. Ils sont bien outillés. Ils peuvent diriger une imprimerie. Il ne s’agit pas de les former, il faut les caser.  Quand on ne peut pas les employer, il faut les installer. C’est pourquoi nous demandons un fond de garantie à l’Eta de Côte d’Ivoire, pour pouvoir installer ces jeunes.  Sachant bien qu’une imprimerie peut employer entre 15 et 20 personnes, vous imaginez le nombre d’imprimerie dans toute la Côte d’Ivoire ! C’est la politique que je même depuis deux ans à la tête de ce groupement.

Dans le cadre de la réforme de l’enseignement technique et de l’enseignement professionnelle, compte tenu de l’engouement de la jeunesse pour ce secteur d’activité, pense-vous qu’il serait opportun d’instituer un Brevet de technicien ou un Bts en imprimerie en Côte d’Ivoire pour former des cadres dans ce domaine ?

Nous y pensons. Je suis en train de travailler d’arrache-pied pour mettre au point une école de formation en imprimerie en Côte d’Ivoire, qui va prendre en compte des élèves du niveau Cm2 jusqu’au niveau supérieur. Nous sommes en train de travailler à cela, parce qu’à part le centre de perfectionnement aux métiers de l’imprimerie, il n’y a plus d’école d’imprimerie en Côte d’Ivoire. D’ici peu, on verra la première école d’imprimerie en Côte d’Ivoire.

Monsieur le président, on aperçoit depuis quelques temps des affichent dans la ville d’Abidjan, annonçant un salon dédié aux imprimeurs prévus pour novembre 2019. Etes-vous informés et qu’est-ce que vous en pensez ? Les imprimeurs de côte d’Ivoire sont-ils divisés ?

Oui j suis informé. Mais les imprimeurs de Côte d’Ivoire ne sont pas divisés. Au contraire tout le monde a compris le bienfondé de cette faitière qu’est le Groupement des imprimeurs de Côte d’Ivoire. Aujourd’hui c’est tout le monde qui appelle pour dire nous sommes contents fiers, tout le monde est intéressé. Ce que vous voyez dans la ville, on a plusieurs fois échangé avec eux. Ce ne sont pas des imprimeurs, ce sont des agences de communication qui organisent leur semaine pour pouvoir mettre en contact les imprimeurs et les équipementiers, les fournisseurs d’imprimerie. Donc ce n’est pas une division. Eux, ils travaillent pour mettre en contact ceux qui vendent le matériel d’imprimerie et les imprimeurs. Vous voyez qu’ils sont obligés de composer avec nous. Chaque jour ils appellent pour voir où j’en suis. Ils m’ont même demandé de venir tenir un stand pour le Groupement des imprimeries de Côte d’Ivoire. Vous voyez que nous composons mais ce ne sont pas les mêmes objectifs. Notre objectif c’est de promouvoir le métier de l’imprimerie, former des jeunes, d’avoir des marchés, discuter avec l’Etat de Côte d’Ivoire, de lui montrer l’importance de l’imprimerie en Côte d’Ivoire. Nous ne sommes pas là pour mettre en contact les fournisseurs de matériel d’imprimerie. Ils savent où nous sommes. Ils viennent nous voir ils nous démarchent. Vraiment il n’y a pas de division entre les imprimeurs de Côte d’Ivoire.

Avez-vous un appel à lancer ?

Je demande à l’Etat de Côte d’Ivoire de nous écouter. Nous avons un projet. L’Etat à lui seul ne peut pas tout faire. Nous sommes là pour prendre le relais, c’est pourquoi nous frappons toujours à la porte de l’administration ivoirienne. Aux imprimeurs, je dis que bientôt ce sera les élections. Qu’est-ce qu’on prépare ? Comme on s’organise pour avoir tous ces marchés d’imprimerie qui arrivent pur satisfaire nos clients ? Comment faire pour que ces marchés soient maintenus en Côte d’Ivoire ? C’est cela qui doit être notre leitmotiv. Je souhaite bonne chance à chacun de nous d’avoir son marché et de s’en sortir. Aux organisateurs et candidats aux élections nous leur souhaitons une bonne chance dans ces organisations. Les imprimeurs sont là, ils les attendent. Nous avons décerné un trophée à la Commission électorale indépendante (Cei). Depuis que suis imprimeur, je n’ai jamais vu la Cei aller traiter les documents électoraux en dehors de la Côte d’Ivoire. Ce sont les imprimeurs de Côte d’Ivoire qui font ces documents. Je profite de vos colonnes pour dire merci à la Cei. Nous les attendons toujours. Nous essayons de nous équiper pour les élections à venir.

Interview réalisée par SERGE AMANY