Entrée parlementaire en Côte d’Ivoire/ Guillaume Soro insiste sur la réconciliation et le pardon

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Guillaume Soro, président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire

C’était la rentrée des classes ce mardi 3 avril 2018 pour les Députés ivoirien. La session ordinaire a été ouverte ce jour en présence d’une forte délégation gouvernementale conduite par le premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

Comme l’an dernier, le président de l’Assemblée national Guillaume Soro a, dans  son traditionnel discours d’entrée, insisté sur la nécessité d’aller au pardon et à la réconciliation (thème de l’année parlementaire écoulée. Ndlr), pour assurer un avenir paisible au pays. Il a invité les politiques à s’inscrire dans cette logique, à travers toutes leurs actions et leurs déclarations. « Parlons-nous franchement. L’effervescence et les surenchères verbales  qui animent actuellement notre scène politique ne sont pas à la hauteur des attentes de nos concitoyens. Nous devons tous nos sentir interpellés, car la tranquillité du pays peut s’en trouver affectée. (…) Quand les débats tournent à l’hostilité, cela réveille de vieilles peurs enfouies. (…) nous autres hommes politiques avons la vocation à créer les conditions de la coexistence pacifique. Cette année, les actes et surtout les discours en faveur du pardon et de la réconciliation doivent être au cœur de nos actions. En dehors des calculs et des tactiques purement politiciennes, que chacun enfin s’y mette. Je m’engage pour ma part à y consacrer toute mon énergie. Cette nation ivoirienne, sans égoïsme ni hypocrisie, haine et rancœur, mais pleine d’humanité, de solidarité et d’amour, est en chacun de nous. C’est un projet qui est en nous. Nous devons le servir avec dévouement et abnégation, pour nous, mais surtout pour les générations à venir. Je vous en conjure chers frères et sœurs, œuvrons ensemble pour la paix le pardon et la réconciliation par le dialogue», a-t-il invité, en prenant au passage l’exemple du Rwanada.

Pour convaincre les décideurs ivoiriens sur la nécessité d’aller au pardon et à la réconciliation, Guillaume Soro a invité Donatille Mukabalisa, présidente de la Chambre des députés au Rwanda, à cette cérémonie d’ouverture de l’année parlementaire. Dans une discours qui a tenu l’assemblée à alène, le Député rwandais a expliqué comment le pardon et la réconciliation a son pays à relever la tête après le grave génocide de 1994, pour devenir aujourd’hui un model économique sur le continent. «  Notre pays est aujourd’hui cité en exemple par toutes les institutions internationales et dans divers secteurs. C’est parce qu’après le génocide qui a fait plus d’un million de morts et des millions de blessés  physiques et moraux, les rwandais se sont pardonnés pour penser au développement socio-économique de leur nation », a-t-elle lancé, entre autres.

Précisons que, pour cette rentrée parlementaire, 238 députés étaient présents sur les  253. Plusieurs ambassadeurs ont assisté à la cérémonie qui s’est achevé par un cocktail.

Charles Koné