Débat sur NCI (élection à la présidence de la FIF) : « les invités et journalistes consultants nous ramènent dans les débats des réseaux sociaux » réagit José Djati

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Le débat sur les élections à la présidence de la Fédération ivoirienne de football qui a eu cours hier lundi 11 mai 2020  sur NCI avec pour modérateur mon ami et frère Aristides Nkenda Nkenda m’a laissé sur ma faim. Pourquoi?

1- Plutôt que de voir sur le plateau des consultants capables d’éclairer l’opinion sur les véritables enjeux de cette élection, on s’est très vite aperçu de la couleur de la casaque portée par chacun des consultants sur le plateau. Ils ont plutôt battu campagne avec des passes d’armes. Les  journalistes-consultants présents ce soir-là n’ont donc pas mieux fait que les débatteurs décriés en ce moment sur les réseaux sociaux. Du coup, on a vu des échanges déséquilibrés et peu riches au cours des débats.

 2- La première partie du débat, sur l’état actuel de notre football décrypté par nos consultants de ce soir-là m’a fait bondir de mon canapé. L’argumentaire des dits cités présents sur le plateau a fait tourner mon sang d’un quart de tour. Pour ces derniers, le football ivoirien est dans l’agonie parce que sa sélection A (les Eléphants) n’a plus de répondant depuis quelques années face à certaines Nations de football dites « petites » du continent ou encore, parce que cette sélection A dégringolé au fil des années au  classement FIFA. Classement publié chaque mois qui tient compte des performances de chaque sélection. Toute la première  partie du débat a tourné autour de ce sujet selon la démonstration suivante: Sélection nationale A en grande forme ou bien cotée avec de bons résultats = football qui va bien =  fédération qui travaille bien.

Cela veut dire quoi pour ces journalistes sportifs dont la qualité rédactionnelle n’est pas en mettre en doute?

Qu’être président de la Fédération ivoirienne de football, ce n’est même pas être le président du développement du football. Ce n’est pas non plus être le président de toutes les sélections de football (minime, cadette, junior, espoir, féminine). Mais être président de la FIF, c’est être le président de la sélection A de football.

Quand cette sélection A encore appelée sénior pète la forme, quand elle rayonne, alors tout va bien. Vous êtes un bon président de fédération. Votre bilan est jugé bon. Mais quand cette sélection A ne marche pas, tout va mal. Vous êtes un mauvais président de fédération. Et quel que soit le travail que vous ayez fourni à former des encadreurs, à encadrer des jeunes, à rapprocher le football de la base, à contribuer à faire voter des lois pour assainir et valoriser le milieu, à contribuer au développement des infrastructures sportives…vous êtes  jugé négativement. Votre bilan est jugé négatif. Vous êtes  taxé de président de fédération de football incompétent, qui plonge le football dans l’agonie. Et pourtant, en dehors de la sélection A, vous aurez fait des choses aussi importantes qu’indélébiles.

Il faut que les journalistes sportifs ivoiriens arrivent à faire changer cette perception des choses dans l’opinion.

3- Je n’en dirai pas plus de la deuxième partie du débat portant d’une part, sur le programme des candidats et d’autre part, sur les infrastructures sportives. Tellement il y a eu de la propagande, pour des invités présentés comme consultants. Sans oublier aussi le trop plein d’euphorie constatée sur une candidature quand même…

Mais c’est toujours bon ce genre de débat. Merci à vous tous présents sur le plateau ce soir-là.

Bon début de semaine à tous.

José DJATI