COTE D’IVOIRE/SARAKAKRO(BODOKRO) : LES VILLAGEOIS TROUBLES ET INQUIETS PAR L’INTRUSION DES ORPAILLEURS CLANDESTINS

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Outre le coronavirus, s’il y a un autre problème épineux auquel nos autorités doivent aussi faire face, c’est bien le phénomène de l’orpaillage clandestin.

Ce phénomène, plusieurs médias en ont fait cas mais il continue de sévir troublant ainsi le sommeil des populations. Et loin sans faux, rend  la situation de plus en plus préoccupante. Cette fois-ci, la cible est Sarakakro. Une petite localité au centre de la Côte d’Ivoire située à 35 kilomètres de Bouaké et 14 kilomètres de Brobo.

En effet, tout  commence dans les mois d’octobre et novembre 2019 où avec  la complicité d’un fils du village, du nom de Konan Rémi, fils de propriétaire terrien, près de 5.000 orpailleurs clandestins  rentrent et s’installent à Sarakakro.   La population (riverains) ne savant rien, avise le chef de tribu, Nanan Taga Kouassi II. Celui-ci les rassure et leur fait savoir qu’avec leur présence, le village bénéficiera de nombreux avantages. Selon lui, ils permettront à leurs écoles d’être équipées en bancs, construiront des routes et des pompes  villageoise pour avoir de l’eau potable…Vu sous cet angle, la population salue leur arrivée. Hélas, au grand désarroi de la population, ce sont autant de promesses qui ne seront pas tenues. Ayant donc constaté le laxisme complice et approbateur de leur chef, la population locale se mobilise et se  rend à la fois chez le préfet de Bouaké et chez le sous-préfet de Brobo. Les autorités administratives interviennent et les orpailleurs quittent  le village. La population a pensé du coup que tout est réglé et qu’il retrouverait leur quiétude d’antan. Or que non, pendant ce laps de  temps, ils ont pris la peine d’activer leurs réseaux. Ils font  leur apparition et exploitent illicitement l’or dans le village. La population désemparée attend des explications. Ni le chef ni les autorités administratives locales n’en parlent. N’ayant plus d’interlocuteurs à qui se fier, les villageois impuissants assistent attentivement ce qui se trame. C’est alors que les orpailleurs clandestins entreprennent des actions de tout genre. Ils créent des toilettes de fortune, envahissent le village d’engins à deux et trois roues (motos, tricycles). Armés, les orpailleurs clandestins se comportent en maîtres dans le village. Un fils du village, répondant aux initiales de B.K.H, témoin des affres de ces orpailleurs, raconte  qu’un jeune du village a même été grièvement blessé par ces exploitants mais a eu finalement la vie sauve par la suite, après des soins.

Au dire de ce fils du village, depuis que ‘’ces nouveaux venus’’ se sont installés, ils ont bouleversé la vie de la population de Sarakakro avec désormais l’introduction  de  la drogue, de la prostitution, l’alcool… entraînant dans leur sillage des jeunes du village, des élèves et des planteurs… Les décès en cascade entre autres, liés à l’orpaillage illicite préoccupent de plus en plus la population de Sarakakro et les localités environnantes.

Ce sont là des faits troublants et récurrents que vivent les habitants  de Sarakakro et qui suscitent de véritables inquiétudes.

Plusieurs villages en ont fait les frais Bouakro, Takikro, Fêtêkro, Konansukro, Bounda, Tiébissou, Abokro…). La liste est longue et n’est pas prête à s’arrêter. Face à cette situation qui ne fait que s’empirer, la population de Sarakakro affiche sa détermination à endiguer ce phénomène dans leur village.

Elle interpelle donc les autorités compétentes et en appelle au secours du gouvernement en vue d’éviter un quelconque affrontement meurtrier, mais loin, de protéger  leur village et mettre fin à l’action des exploitants illégaux qui y ont élu domicile.

David KOUAME