Lâhistoire rĂ©cente des Ă©lections dans notre pays la CĂŽte dâIvoire est marquĂ©e par des violences Ă rĂ©pĂ©tition qui ont fait de nombreux morts, de nombreux blessĂ©s avec pour consĂ©quences des traumatismes graves parmi les populations couplĂ©es avec des fissures profondes dans lâunitĂ© de la Nation.La rupture de la confiance des populations ainsi que les partis politiques de lâOpposition qui en dĂ©coule constitue lâune des principales raisons de cette situation qui entrave la cohĂ©sion sociale dans le pays malgrĂ© les nombreuses rĂ©visions quâa subie la Loi Ă©lectorale depuis 2001.Dans le cadre de recherche dâune Paix durable en CĂŽte dâIvoire, lâAPDH (Action pour la Promotion des Droits de lâHomme), avec lâappui de lâorganisation KONRAD ADENAUER, dans un rapport dâanalyse approfondie du processus de rĂ©conciliation publiĂ© en 2018 avait fait deux importantes recommandations Ă savoir :PremiĂšrement : Ouvrir et maintenir un cadre plus large et plus formel dâun dialogue politique en institutionnalisant la reprĂ©sentation de lâOpposition dans le cadre de ce dialogue et en Ă©tablissant un agenda, Ă lâeffet dâexaminer toutes les questions conflictuelles dâintĂ©rĂȘt national.DeuxiĂšmement : RĂ©former sans dĂ©lai la Commission Ălectorale IndĂ©pendante (CEI) et le Conseil Constitutionnel (CC) dans le sens dâune plus grande indĂ©pendance, pour crĂ©er la confiance autour des Organes en charge des Ă©lections.Cette Ă©tude a fait observer dans ses rĂ©sultats que 62,21% des personnes enquĂȘtĂ©es, sur la base de toutes les diversitĂ©s ethniques du pays, nâavaient pas confiance dans les institutions en charge des Ă©lections en CĂŽte dâIvoire dont la CEI et le Conseil Constitutionnel. Mieux, sur les 37,79% restantes, seules 20% affirment avoir totalement confiance dans ces Organes Ă©lectoraux.Selon un rapport de la mission dâexpertise Ă©lectorale de lâUnion EuropĂ©enne, la derniĂšre Ă©lection prĂ©sidentielle dâoctobre 2020 sâest dĂ©roulĂ©e, « dans un contexte de forte tension caractĂ©risĂ©Ì par une absence geÌneÌraliseÌe de consensus sur les rĂšgles du jeu Ă©lectoral et, du fait notamment du boycott des candidats de lâopposition, sans les garde-fous nĂ©cessaires aÌ une Ă©lection transparente. » Elles se sont aussi malheureusement soldĂ©es par leurs lots de morts et de blessĂ©s graves.Il convient aussi de rappeler que la cinquiĂšme phase du dialogue politique du 4 mars 2022 qui a vu la participation des Partis Politiques majeurs et le Gouvernement avait fait les recommandations suivantes : A. AU TITRE DES MESURES DâAPAISEMENT DE LâENVIRONNEMENT POLITIQUE :1. Lâengagement des acteurs politiques aÌ se dĂ©partir de la violence comme mode dâaccession au pouvoir ;2. Le retour aÌ un paiement plus rĂ©gulier de la subvention aux partis et groupements politiques ;3. La transmission au Cabinet du Premier Ministre de la liste et des numĂ©ros des comptes des personnalitĂ©s dont les comptes seraient encore gelĂ©s. B. AU TITRE DE LA RECONCILIATION NATIONALE :1. La mise en place dâun processus de rĂ©paration et dâindemnisation des victimes de la crise Ă©lectorale de 2020 ;2. La poursuite du renforcement de la culture dĂ©mocratique et du civisme au sein de la sociĂ©tĂ©Ì ivoirienne ;3. La vulgarisation des modes alternatifs de rĂšglement des conflits en impliquant notamment les chefs coutumiers, les guides religieux et les organisations de la sociĂ©tĂ©Ì civile. C. AU TITRE DU CADRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL DES ELECTIONS EN CĂTE DâIVOIRE :1. La prise en compte des rĂ©alitĂ©s politiques nouvelles en vue du rĂ©amĂ©nagement de la CEI sans prĂ©judice de lâĂ©quilibre de celle-ci ;2. La conduite de rĂ©flexions par le Gouvernement sur le processus de dĂ©coupage Ă©lectoral, sur la base du relĂšvement du coefficient affecteÌ au critĂšre dĂ©mographique (75 %) et en maintenant les acquis ;3. La rĂ©vision annuelle effective de la liste Ă©lectorale par la CEI conformĂ©ment au code Ă©lectoral ;4. Le rĂ©examen du mĂ©canisme de financement des candidats et du remboursement des frais de campagne aÌ lâĂ©lection prĂ©sidentielle ;5. LâamĂ©lioration du systĂšme du parrainage citoyen aÌ lâĂ©lection prĂ©sidentielle ;6. Le renforcement de la sĂ©curisation du processus Ă©lectoral. D. AU TITRE DU CADRE DE SUIVI :La mise en place dâun cadre de suivi des recommandations de la phase 5 du dialogue politique, sous lâautoritĂ©Ì du Ministre de lâIntĂ©rieur et de la SĂ©curitĂ©Ì dont la mission sera conduite sur la base du document de travail.En lâabsence dâavancĂ©es significatives sur certains points importants de ses recommandations dont les questions Ă©lectorales, les anciens PrĂ©sidents de la RĂ©publique Feu Henri KONAN BĂDIĂ et LAURENT GBAGBO, lors de la rencontre dites des « trois grands », le 14 Juillet 2022 ont suggĂ©rĂ© au PrĂ©sident de la RĂ©publique de prendre un acte rĂ©glementaire de sa compĂ©tence pour crĂ©er et organiser le cadre de suivi mixte (Partis Politiques / Gouvernement) sous la forme dâune haute autoritĂ© institutionnelle.Depuis, aucun progrĂšs significatif nâa Ă©tĂ© accompli pour lâinstauration dâun dialogue inclusif et sincĂšre avec pour objectif de rĂ©ponde Ă toutes les prĂ©occupations urgentes et lĂ©gitimes pour lâinstauration dâune dĂ©mocratie apaisĂ©e.Conscient de lâurgence Ă apporter des rĂ©ponses viables Ă cette problĂ©matique Ă la veille de la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle qui aura lieu en octobre 2025, le SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral de lâONU dans son dernier rapport S/2024/521 du 01 Juillet 2024, a fait une demande aux parties prenantes nationales et aux organismes en charge de l’organisation et de la gestion des Ă©lections en CĂŽte d’Ivoire, afin de veiller Ă ce que les Ă©lections prĂ©sidentielles en 2025 soient inclusives et participatives.Dans le mĂȘme sens, une dizaine de partis politiques de lâopposition rĂ©unis Ă Abidjan, autour du PDCI-RDA, le 9 aoĂ»t 2024 a indiquĂ© sa dĂ©termination Ă obtenir des rĂ©formes profondes du systĂšme Ă©lectoral, une exigence essentielle pour Ă©viter les crises Ă©lectorales qui ont trop souvent plongĂ© notre pays dans le chaos.La coalition a Ă©galement exprimĂ© son inquiĂ©tude face au processus Ă©lectoral en cours, notamment la rĂ©vision de la liste Ă©lectorale annoncĂ©e par la Commission Ălectorale IndĂ©pendante (CEI). De plus, la coalition accuse le systĂšme Ă©lectoral dâĂȘtre Ă lâorigine de nombreux conflits depuis 2010 et demande un dialogue inclusif avec toutes les forces vives de la Nation afin de garantir une Ă©lection crĂ©dible et transparente en 2025.Les risques qui pĂšsent sur lâorganisation de la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle dâoctobre 2025 en CĂŽte dâIvoire sont rĂ©els.Le rapport S/202/871 publiĂ© le 2 dĂ©cembre 2024 en son point 72 stipule clairement et je cite :Je me feÌlicite du deÌroulement pacifique des eÌlections leÌgislatives et preÌsidentielles en Mauritanie et au SeÌneÌgal. Je compte que les eÌlections geÌneÌrales qui se tiendront au Ghana se deÌrouleront dans le meÌme climat de paix.Jâencourage les parties prenantes nationales et les organismes de gestion des eÌlections en CoÌte dâIvoire aÌ redoubler dâefforts pour parvenir aÌ un consensus et faire en sorte que les eÌlections de 2025 soient inclusives et participatives, en veillant aÌ ce que les processus et programmes eÌlectoraux reÌpondent aux aspirations de la population.Je me reÌjouis eÌgalement des progreÌs accomplis en Sierra Leone comme suite aÌ la signature de lâAccord dâuniteÌ nationale, et jâappelle aÌ maintenir un esprit de collaboration en vue de la mise en Ćuvre inteÌgrale de lâAccord.Je reste preÌoccupeÌ par lâabsence de consensus autour des prochaines eÌlections qui se tiendront en GuineÌe-Bissau et demande aux parties prenantes dâengager, par un dialogue constructif, des reÌformes cruciales pour promouvoir la stabiliteÌ et le deÌveloppement aÌ long terme. Il est plus quâurgent de prendre les dispositions nĂ©cessaires pour Ă©viter Ă la CĂŽte dâIvoire une nouvelle explosion sociale qui, si lâon nây prend garde renforcera lâinstabilitĂ© de la Sous-RĂ©gion.Il est impĂ©ratif dâagir en activant tous les leviers qui peuvent contribuer Ă lâorganisation dâune Ă©lection prĂ©sidentielle transparente et paisible dans un climat apaisĂ© en octobre 2025.Câest dans ce cadre exclusif que le Groupe Parlementaire PDCI-RDA Ă lâAssemblĂ©e Nationale a initiĂ© et poursuivra ses tournĂ©es auprĂšs des ambassadeurs accrĂ©ditĂ©s en CĂŽte dâIvoire ainsi quâauprĂšs des parlementaires et institutions europĂ©ennes.1 â Sensibiliser les partenaires stratĂ©giques de la CĂŽte dâIvoire sur les menaces qui pĂšsent sur la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle dâoctobre 2025 ;2 â Obtenir leur appui pour lâinstauration urgente dâun dialogue inclusif pour le traitement de toutes les questions inhĂ©rentes Ă lâorganisation de la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle en CĂŽte dâIvoire ;3 â Solliciter des appuis techniques et financiers des partenaires de la CĂŽte dâIvoire dont lâONU, lâUnion EuropĂ©enne pour booster le processus dâidentification en vue dâune plus grande participation des ivoiriens et ivoiriennes au processus Ă©lectoral ; lâobjectif visĂ©, Ă nâen point douter, est dâatteindre le niveau de 12 Millions dâĂ©lecteurs (actuellement 8 Millions).Cette opĂ©ration pourrait ĂȘtre menĂ©e par la mise en Ćuvre dâun Programme SpĂ©cial qui in fine contribuera Ă renforcer la dĂ©mocratie et la paix en CĂŽte dâIvoire.4 â Solliciter un appui spĂ©cial de lâONU, lâUnion EuropĂ©enne pour le renforcement de la sĂ©curitĂ© pendant la prochaine Ă©lection Ă©lectorale en CĂŽte dâIvoire.5 â Solliciter la supervision des partenaires stratĂ©giques et de lâONU ainsi que de lâUnion EuropĂ©enne pendant tout le processus de la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle en CĂŽte dâIvoire.Le Groupe Parlementaire PDCI-RDA Ă lâAssemblĂ©e nationale voudrait, en complĂ©ment de toutes les dĂ©marches engagĂ©es par le PrĂ©sident du PDCI-RDA en liaison avec les partis de lâopposition lancer encore ici, un appel solennel au PrĂ©sident de la RĂ©publique , Chef de lâĂtat qui a la responsabilitĂ© de la construction et de la prĂ©servation de la paix dans notre pays de prendre urgemment les dispositions nĂ©cessaires pour engager de toute urgence le Dialogue politique fraternelle que toute la Nation et les partenaires de la CĂŽte dâIvoire attendent impatiemment . Il est encore temps dâagir pour prĂ©server et rĂ©activer ensemble le peu de leviers qui nous reste pour tracer ensemble le chemin dâun nouveau destin pour notre beau pays la CĂŽte dâIvoire. Nos contributions doivent ĂȘtre proportionnelles aux souffrances de nos populations ainsi quâĂ lâĂ©norme retard quâaccuse notre pays Ă cause des nombreuses crises que nous avons traversĂ©es. Il est encore temps dâagir ! Le Groupe Parlementaire PDCI-RDA voudrait vous prĂ©senter son analyse de la situation de la CEI, de la Loi Ă©lectorale et faire des propositions dâorientations comme Ă©lĂ©ments introductifs Ă sa contribution au dialogue politique qui se mettra en place. Ces Ă©lĂ©ments qui ont alimentations un important sĂ©minaire organisĂ© avec lâappui dâune Organisation internationale ont abouti Ă deux propositions de Lois que nous sommes disposĂ©s Ă verser Ă la Contribution de notre parti le PDCI-RDA. Tout devient malheureusement urgent. Dans hiĂ©rarchisation de lâurgence le Groupe Parlementaire PDCI-RDA veut aussi lancer un appel au PrĂ©sident de la Commission Ălectorale pour la mise en Ćuvre de la rĂ©vision Ă©lectorale pour lâannĂ©e 2025.
Pour finir, le Groupe Parlementaire PDCI-RDA Ă lâAssemblĂ©e nationale renouvelle son inconditionnel engagement aux cĂŽtĂ©s du PrĂ©sident du PDCI-RDA, Le Ministre Cheick Tidjane THIAM pour son combat pour le renforcement de lâexpression dĂ©mocratique et la libertĂ© dans notre pays. Le Groupe Parlementaire PDCI-RDA Ă lâAssemblĂ©e nationale remercie la presse national et internationale pour son Ă©coute responsable, sa disponibilitĂ© et son accompagnement non partisan pour la construction dâune paix et dâun dĂ©veloppement durables en CĂŽte dâIvoire. Je vous remercie.
Fait Ă Abidjan, le 20 janvier 2025
Député Simon DOHO Président du Groupe parlementaire PDCI-RDA













