Massacres à Duekoué/ Amadé Ouremi balance à la barre : « C’est Loss qui a donné l’ordre de tuer à Carrefour»

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Le procès du chef rebelle du Mont Péko, Amadé Ouérémi, s’est ouvert, le mercredi 24 mars 2021, au Tribunal du Plateau, a appris un journaliste d’Ivoirebusiness.
Ce dernier s’est livré à un véritable déballage, balançant tout sur le Colonel Losseni Fofana, ex-com’zone des FRCI à l’Ouest au moment des massacres des Wê à Carrefour Duekoué lors de la crise post-électorale 2010-2011 en Côte d’Ivoire.

Selon nos informations, Amadé Ouérémi s’est ‘’déchaîné’’ à la barre, son récit.

« Je veux expliquer ce que je sais. Je vais tout dire. J’étais à Bagouo le 27 mars 2011, c’est le Commandant Fofana Losseni dit Loss qui a donné l’ordre de chasser les miliciens de Duekoué. Moi, j’étais un rebelle aux ordres du chef de guerre Coulibaly de Kouibly « Coul ». C’est lui qui m’a fourni des armes et des treillis militaires.Ce jour-là j’étais malade et je ne faisais que mettre les munitions dans les chargeurs des armes dans le village de Blodi.

J’étais tout le temps avec Coulibaly « Coul ». Quand Loss (Colonel Losseni Fofana) a donné le Ok, il a donné l’ordre de chasser tous les miliciens de Duékoué. Ce jour-là, j’étais malade. C’est le lendemain vers 16 h que je suis arrivé à Carrefour. Moi, je ne mets pas de tenue dozo. Moi, j’étais avec eux, ils sont rebelles donc je suis rebelle. J’étais avec eux avant 2011. Ce n’est pas aujourd’hui où tout est mélangé qu’ils vont dire que c’est moi. Une seule personne ne peut pas faire ce qu’il s’est passé à Duékoué Carrefour.

C’est après la libération de Duekoué que je suis entré dans la ville. Les vrais dozos étaient nombreux ce jour là. Ce sont les dozos qui ont tué les gens.

Dieu même sait que je n’ai pas fait ça moi seul. J’ai vu des corps des hommes. C’était beaucoup. Je n’ai jamais vu ça de ma vie. Il y avait des femmes, des hommes, des enfants et des vieillards parmi les corps. Des personnes ont été brûlées vifs dans des maisons. On m’a utilisé comme un chiffon pour nettoyer leurs déchets. Je n’avais pas d’hommes sous mes ordres. Je n’ai pas tué de guéré. Les gens ont essayé de me tuer. Mais, ce que voulez, je vais tout dire», a-t-il avoué.

Pour rappel, un millier de personnes de l’ethnie Wê ont été massacrées en une seule journée au quartier Carrefour à Duekoué en 2011 durant la crise post-électorale, par les Dozos et les rebelles des Forces nouvelles de Guillaume Soro muées en FRCI d’Alassane Ouattara.

Ce dernier refusant de reconnaître sa défaite à l’élection présidentielle de 2010 face à son rival Laurent Gbagbo, déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel, la plus haute juridiction du pays.

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