Affi N’Guessan (Pdt Fpi) : « Je serai favorable à une visite de Ouattara ou de Bédié à Gbagbo à la Haye »

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Affi N'Guessan, président du Fpi

Pascale Affi N’Guessan, le président du Fpi, le verrait d’une mauvais œil, une visite du Président Alassane Ouattara, du président du Pdci-Rda Henri Konan Bédié ou du président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro à Laurent Gbagbo à la Haye.

Selon lui, ce serait un acte fort qui poussera la Cpi à libérer l’ex-président. Il a avancé cette idée lors d’une conférence de presse le mercredi 18 avril 2018, au siège de son parti à Cocody les Vallons. « Si Soro Guillaume, Alassane Ouattara ou Henri Konan Bédié demande à aller voir Gbagbo, je serais favorable. Ça serait la plus grande démonstration que tout ceux-là regrettent de l’avoir envoyé là-bas et le plus grand message à la Cpi pour dire : “libérez-le, car, nous avons tous besoin de lui“. Quelqu’un qui est à la Cpi et tous ses adversaires politiques sont pressés d’aller le voir. Même ceux qui ont pris les armes comme lui. N’est-ce pas la plus grande victoire. Et eu ceux qui le tiennent prisonnier sont obligés d’en tenir compte et le libérer. Quel est ce prisonnier politique qui est devenu incontournable dans la vie politique de son pays ? », a-t-il lancé, dans le prolongement de la réponse à la question d’un journalist qui l’a interrogé sur les raisons pour lesquelles sa visite à son ancien mentor à la Haye tarde à venir. Pour répondre à la question, Affi N’Guessan a laissé entendre que sa visite se fera, quand Laurent Gbagbo le jugera nécessaire. Car, selon lui, Laurent Gbagbo a décidé de faire de ses visites, une stratégie politique. « Ce que vous devriez savoir, c’est que la question de la visite à Laurent Gbagbo est devenue une affaire politique. Quand on est dans des relations politiques, il ne faut pas s’étonner. La visite s’inscrit dans une vision politique et dans une stratégie politique. Gbagbo reçoit ses visiteurs en fonction de sa stratégie politique. Vous (Les journalistes. Ndlr) avez fait que nous sommes aujourd’hui des cartes politiques dans les mains de Gbagbo. Il les tire en fonction de sa stratégie politique.  Donc, il sait à quel moment tirer la carte Affi N’Guessan. C’est le moment qu’il attend. Ce qui est sûr, c’est qu’il va forcément me recevoir. Vous devez le comprendre, parce qu’il s’agit d’une affaire de politique », a-t-il assauré avant d’ajouter que «  tout le monde ne parle pas au même moment à une cérémonie. Il y a ceux qui disent la bienvenue. Et il y a celui qui parle à la fin. Quand ce dernier parle, c’est fini. C’est la même chose qui se passe à la Haye.  Je vous donne donc ces repères vous que vous sachiez ce qui se passe entre la Haye et Abidjan. C’est la grande politique qui se déroule entre la Haye et Abidjan, et dans une stratégie de haut niveau. Ceux qui sont aujourd’hui reçus à la Haye, c’est parce que Gbagbo juge nécessaire de les recevoir maintenant. C’est ce qui fait que Gbagbo reçoit Mamadou Koulibaly, Bamba Moriféré et autre. Il n’y a rien d’autre. (…) Et nous, quand nous irons à la Cpi, c’est pour revenir avec Gbagbo », a lancé Pascal Affi N’Guessan. Dans ses échanges avec la presse, Affi N’Guessan a réagi sur plusieurs sujets de l’actualité.  Des sujets au nombre desquels, la question de la réforme de la Cei.

« Les cadres du Fpi n’ont pas déposé de candidatures pour être nommés au Sénat »

Pascal Affi N’Guessan a signifié que son parti tient toujours à cette question et qu’il serait impensable que la Cei ne soit pas reformée, avant les municipales et les régionales. « Nous n’imaginons pas l’hypothèse que la Cei ne soit pas modifier avant les municipales et les régionales. Car, ce serait faire le choix de l’anarchie. Comme personne ne veut de l’anarchie en Côte d’Ivoire, c’est pourquoi la Cei va changer. Nous sommes condamnés à ce changement pour éviter le désordre. Car, le régime ne peut vouloir ramer contre tous », a-t-il espéré. Affi N’Guessan a aussi botté en touche des informations rapportées par un autre journaliste et qui font été de de ce que des cadres du Fpi auraient déposé leurs dossier chez le Président Alassane Ouattara, afin d’être nommé au Senat. « Je ne crois pas que les cadres du Fpi aient déposé des candidatures pour être nommés au Sénat. Je connais le parti et les cadres. Je ne vois pas comment ils peuvent le faire. Ils ne font rien sans l’accord du parti. Je ne crois pas qu’un seul d’entre eux ait demandé à intégrer ce Sénat que nous décrions, que nous contestons et que nous considérons comme inexistant. Vu qu’il n’est pas assis sur une loi organique qui porte sur son existence et son fonctionnement. Même si nous étions sollicités pour l’intégrer, notre réponse serait “non !“. Parce que ce Sénat n’existe pas pour nous. Et nous nous battons-même pour qu’il y ait de nouvelles élections sénatoriales, après les municipales et les régionales », a-t-il signifié.  Pascal Affi N’Guessan a aussi réagi à la signature du manifeste du parti unifié par le Pdci-Rda. Un parti avec lequel il anvisageait de créer une coalition en vue de la présidentielle de 2020. Pour lui, la signature de ce manifeste ne change rien. Car, malgré sa signature, les débats de fond entre le Pdci et le Rdr demeurent. « Le document singé n’apporte rien de nouveau au débat qui existe au sein du Rhdp. La question fondamentale entre le Rdr et le Pdci demeure. A savoir, lequel présentera le candidat du Rhdp pour la présidentielle de 2020. Cette question n’est pas résolue par le communiqué commun que ces partis ont signé. Nous nous prononçons sur le sujet, parce que l’issue de ce processus aura forcément un impact sur la vie politique de notre pays. Car, soit ils s’accordent sur le candidat Pdci-Rda qui représentera  le Rhdp en 2020. Et si tel est le cas, nous saurons que le candidat du Pdci que nous aurons à  affronter sera soutenu par le Rdr et nous prendrons nos dispositions en conséquence. Ou alors, le Rdr réussi à imposer un de leur candidat au Pdci-Rda pour 2020. Nous aurons alors un candidat du Rdr. La question sera alors ce que feront les militants du Pdci-Rda qui attendaient que le Rdr accompagne enfin le Pdci. Accepteront-ils de continuer à accompagner le Rdr comme ce fut le cas jusqu’aujourd’hui ? Ou alors, certains se révèleront-ils pour faire comme en 2015, une candidature Pdci-Rda qui sera massivement soutenu par les militants de leur parti. C’est pourquoi nous, en tant qu’acteurs politiques, suivons ces évolutions. Parce que ce sont des éléments à prendre de compte dans l’élaboration de notre stratégie par rapport à 2020   (…)  Certes, au moment ou nous appelons à une alliance avec le Pdci-Rda, son président a signé un document pour poursuivre avec le Rdr.  La nouvelle alliance que nous voulons avec le Pdci est une nouvelle chance que nous voulons donner à tous les partis politiques. Si le Pdci-Rda s’entête à vouloir rester avec le Rdr, nous prendrons acte, et les ivoiriens se prononceront en 2020. Ils diront s’ils veulent continuer dans ce système dans lequel ils ont vécu depuis 2011 ou s’ils veulent le changement. Mais, je sais que c’est autour de cette nouvelle alliance que tous les ivoiriens veulent se rassembler afin de se battre pour la réconciliation nationale», a-t-il estimé.

Précisons que par ailleurs que le président du Fpi a saisi l’occasion pour donner des informations sur la fête de liberté 2018. Initialement prévu à Yopougon pour le 5 mai2018, Pascal Affi N’Guessan a annoncé le report de la célébration au 12 mai 2018. Il explique le report par  la tenue, le même jour, de la cérémonie d’hommage nationale à l’artiste Dézy Champion, décédé le 31 mars 2018. Cette année, la fête aura pour thème : “A la reconquête des libertés“.

Charles Koné

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